La baroque épopée du monde qui ne voulait plus tourner

Parfois lorsque l’on commence une bande dessinée, on vit une sorte de phase de latence, on doit s’adapter aux styles des auteurs, illustrateurs, coloristes… qui nous parlent plus ou moins… Entrer dans ce nouveau monde nécessite alors une adaptation avant de pleinement s’immerger dans ce qui nous est proposé. Avec La baroque épopée du monde qui ne voulait plus tourner, paru aux éditions Drakoo, pas de latence, pas d’adaptation nécessaire… un vrai coup de cœur ! Je me suis retrouvée comme un poisson dans l’eau dans ce monde fantasque, quelque part entre de la fantasy et du medieval fantastic assaisonnée d’une pointe de steampunk, et dont l’humour n’a pas été sans me rappeler parfois le monde de Terry Pratchett. Ainsi existe Omnamül, cité bâtie sur une lune de la planète limpide…

Le récit s’organise autour d’une intrigue de cour, histoires de dynasties et de pouvoir, d’héritage et de traditions, signée avec talent par Christophe Arleston. Lorsque la mort de l’empereur Sandrek laisse le trône vacant, Lompyste son frère y prend vite goût, et peine ensuite sacrément à passer le pouvoir à Altek, fils de Sandrek. À cette équation s’ajoute le second frère de Sandrek, Grish, Lythek, la petite sœur narcoleptique d’Altek, deux corbeaux conteurs et toute une galerie de personnages hauts en couleurs. Il m’est par ailleurs impossible de vous dire de quelle façon, très personnelle pour Altek, se double l’intrigue sans trop en dire ! Sachez simplement que tout bascule lorsque la planète cesse de tourner obligeant Altek à partir en quête de réponses et moi à attendre impatiemment le tome 2 !!!

J’ai navigué dans ce tome avec un infini plaisir, les couleurs chatoyantes de Florence Torta accrochent le regard sur les dessins foisonnant de détails de Dana Dimat et plongent instantanément le lecteur dans l’ambiance requise ; les costumes et les expressions des personnages, les créatures fantastiques, l’architecture des bâtiments, les machines étranges aux mécaniques subtiles, tout est rendu avec précision par un trait net. Le travail sur les regards et les mouvements rend chaque scène très vivante. J’ai apprécié de retrouver la patte particulière de cette dessinatrice rencontrée pour la première fois avec Vivacia. Les pages aux vignettes juxtaposées, très riches en texte et en informations, alternent avec de pleines pages illustrant la vie au royaume d’Omnamül ou axées sur les pensées et les ressentis d’un des personnages. Structuré en six actes aux titres aussi amusants qu’évocateurs, ce premier tome s’achève sur les mots suivants et qui rendent tout à fait l’esprit général de cette bande dessinée : « FIN… momentanément tragique de la première partie, laissant héros et lecteurs dans une insoutenable expectative. »    

À toi, bien cher copain bédéphile et amateur de fantasy (ou pas encore !), je ne dirai que quelques mots : si tu le croises, tu le lis 😊 !

Chronique de Louna Angèle.

© Drakoo, 2022.

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