HELLBLAZER : Le Mystère de la Prof Sans Coeur

Noël approche à grands pas, céder au vice de la gloutonnerie peut avoir de graves répercussions sur le karma pour quelqu’un comme John Constantine. Résister à la tentation de Hellblazer – Le Mystère de la Prof Sans Cœur aux éditions Urban Kids ? Hors de question ! Ryan North au clavier accompagné de Derek Charm  aux crayons, plumes et pinceaux signent une aventure à l’atmosphère juvénile et ensorcelante.

Constantine est un p’tit enfoiré âgé de 13 ans. Il porte un trench-coat couleur olive, la cravate par dessus une chemise blanche et des Converse All-Star noires. Le morveux a troqué la mythique Silk Cut contre une Chupa Chups, il se prend pour un cador rebelle et charismatique. 

John zone chez Archibald Junior’s. Normal, c’est la meilleure confiserie à bas prix de l’univers qui se situe justement en Angleterre. Sous la surface d’une enseigne classique de friandises, le fantôme Archibald perfectionne son art dans la fabrication du chocolat. Ses tablettes sont à se damner. L’appel du ventre est trop fort, Constantine ne pourra pas s’empêcher d’y goûter. Sauf que le délice cacaoté est l’unique rempart afin d’éviter que la colère diabolique de Pikdu’neh ne s’abatte sur Terre. Quelle catastrophe, c’est comme si Charlie avait dévoré la chocolaterie.

Les âmes de l’Enfer l’ont en travers de la gorge, un contrat est mis sur sa tête. Ne pouvant rentrer chez lui, le merdeux squatte chez des potes démons mais cela ne dure pas. Ca commence à sentir sérieusement le roussi infernal pour John. Le kid est le roi de l’esbroufe, une incantation bien placée puis hop le daron et la daronne se retrouvent comme hypnotisés.

D’un simple claquement de doigt, le voilà dans le premier vol pour les Etats-Unis direction le pensionnat Junior Success de Salem dans le Massachusetts, faire profil bas s’impose. Nouvel établissement donc nouvelles règles, il s’ensuit la difficulté de s’intégrer lorsque l’on est le bizut de l’école. John fera la connaissance d’Anna, la rejetée sociale de la classe. Pourtant, Constantine et elle partageront des atomes crochus concernant la magie.

La seule ombre au tableau reste leur professeure principale Madame Kayla. Il y a quelque-chose de pas net chez elle, le sixième sens radar mystique de John carillonne. La tyrannique institutrice cacherait-elle de sombres desseins à ses élèves ? Ce sera à nos deux apprentis des arts occultes de la confondre et de faire éclater la vérité non sans l’aide de l’intrigant Etrigan.

Le célèbre antihéros de DC Comics fait un détour au rayon enfant avec Hellblazer – Le Mystère de la Prof Sans Cœur. Ryan North s’éloigne des canons du genre et de la continuité du titre central en gardant l’essence même du personnage. La transposition entre le milieu magique du label Vertigo et l’ouvrage pour jeunesse découle assez naturellement, le ton y est léger. L’intrigue mélange fantastique et fun en réservant son lot de surprises ainsi que de révélations. Ce récit scolaire est un croisement entre les films, séries purement teenagers et les Contes de la crypte. L’histoire est à la fois machiavélique et adorable voire aussi riche qu’un paquet de bonbons Haribo. Elle est rehaussée d’une morale bon enfant sucrée à souhait. Le running gag bat son plein dès lors qu’Etrigan entre en scène avec son phrasé moyenâgeux et sa verve en rimes. La cuisson scénaristique est à point.

Le multitâches Derek Charm s’occupe du dessin, de l’encrage et de la couleur pour l’album. L’illustration est charmeuse et pop. L’artiste soigne sa mise en page, elle s’allie à un découpage lisible. Le crayonné est très appliqué et ne manque ni d’effet ou de punch. Le trait se déploie avec épaisseur dans le pur style cartoon, les lignes et les courbes s’arrondissent dès l’occasion. Les décors omniprésents jouent la carte de la clarté. L’esthétique s’appuie sur un passage à l’encre appuyé et charnu. La colorisation se travaille par aplats de nuances soyeuses. Elles sont tour à tour vives, brillantes, légères et douces. Derek Charm impose sa griffe, l’artiste réalise un dessin kawaï.

À tous les fans du balafré binoclard étudiant de Poudlard, faites-moi plaisir de poser vos grimoires et cognards car rien n’est aussi bon qu’une mésaventure de l’entour loupeur de première classe made in Serpentard. Et surtout, ne vous mettez pas à fumer sinon Constan-teen viendra vous chercher !

Chronique de Vincent Lapalus.

© Urban Comics, 2022.

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