SHADOWMAN

Aujourd’hui je vais être obligé de damner les âmes de 2 ou 3 abonnés, j’en suis profondément désolé ! Eh ben ouais, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop de vous avoir jeté le mauvais œil. Mais c’était le seul le deal possible afin de rédiger une chronique sur Shadowman de Cullen Bunn, Jon Davis-Hunt et Jordie Bellaire aux éditions Bliss Comics

Jack Boniface est musicien de Jazz à la Nouvelle-Orléans. Après une rencontre avec une sorcière vaudou, il partage son corps avec le Loa de l’Ombre et prend l’apparence de Shadowman. Son pouvoir permet à Jack de détecter les vrais démons cachés sous les visages d’êtres humains. La fusion lui octroie une force surhumaine permettant de les chasser et de les renvoyer dans l’au-delà.

Qu’est-ce qu’un Loa au juste ? C’est un esprit incroyablement puissant conférant des facultés surnaturelles à son porteur, Boniface s’en servira justement pour protéger l’humanité.

Les Enfers ont décidé de lancer une OPA des plus agressives. Des succursales infernales ouvrent un p’tit peu partout aux quatre coins du globe, les créatures du monde des morts envahissent la réalité. Cette situation ne respecte pas très bien l’équilibre entre les forces en présence, la pestilence et la mort se déchaînent provoquant la désolation.

L’activité magique est anormale, il ne fait aucun doute que quelqu’un entrouvre des failles. La Louisiane regorge subitement de succubes, Shadowman nettoie les artères de la ville du mieux qu’il peut.  

Le Baron Samedi rend une visite à Jack, le Roi des cimetières vient en paix et entame des pourparlers avec notre héros. Il lui explique que les forces occultes ont été employées à mauvais escient par des personnes puissantes mais inconscientes. La situation risque de détruire la paix entre le royaume des vivants et celui des défunts. 

Des riches s’adonnent aux rites sataniques murmurés à leurs oreilles par les suppôts du mal. Des orgies baignées dans le sang se mettent en place à huis clos. Shadowman s’invite à la fête et nettoie les lieux. Son sixième sens radar spirituel carillonne et l’alerte qu’une magie très noire est à l’œuvre. L’apparition d’une jeune-femme aux yeux sombres en serait la cause.

Jack part à sa poursuite, les pièges seront mortels. Le Baron Samedi se change en boussole immatérielle pour guider Shadowman sur le chemin des ténèbres. Une traque incessante qui le mènera en Arizona, Barcelone et Londres. Il affrontera des déchus, des cerbères démoniaques, des arracheurs d’âmes et des assassins de Loas. Boniface referme une porte tandis que des dizaines d’autres apparaissent ailleurs, c’est un travail de fourmi mais il faut bien que quelqu’un s’attèle à la tâche…

Cullen Bunn s’occupe du scénario alors autant vous dire que ce gars, le fantastique et l’horreur il maîtrise ! A lire The Damned, The Sixth Gun ou Punk Mambo pour comprendre que ces thématiques lui collent à la peau. Le récit s’ancre dans la pure tradition des cultes populaires et animistes. L’aventure est plaisante, le récit est sémillant typiquement servi par une ambiance made in Mississippi. L’action fait une incursion de plain-pied dans le mysticisme, elle monte crescendo de chapitre en chapitre prouvant que Cullen Bunn est un feuilletoniste hors-pair.

Jon Davis-Hunt a débuté sa carrière d’illustrateur de comic-book sur Judge Dredd suivi de la réinvention The Wild Storm en compagnie de Warren Ellis. Son dessin est fluide, le défilé d’images se veut très clean et agréable à regarder. Il y a chez lui une belle gestion du dynamisme et du découpage. La mise en page favorise la clarté, elle est élégante et ne manque pas de punch sans oublier de la rehausser d’une pointe de gore à l’aide du crayon.

Jordie Bellaire se charge de la colorisation du titre avec une palette de pigmentations saturées, super brillantes, très flashy ne manquant pas de nuances. Les teintes sont tamisées et effroyables. Elles s’appliquent de façon spectrale, se déploient de manière malsaine tout en instaurant un climat fantomatique. Bellaire démontre qu’elle est une coloriste sérieuse sachant jouer avec les ambiances pour leurs donner de la consistance.

En conclusion, la relance de Shadowman prouve que ce protagoniste peut devenir le nouveau gros calibre chez Bliss Comics face à Ninjak, Bloodshot ou Rai. Si l’équipe en place continue de développer une série dense possédant du potentiel, il y a fort à parier que cela donnera un sacré coup de fouet à l’univers Valiant, chose qui lui manquait depuis un certain temps. Alors pourquoi ne pas profiter d’une lecture machiavélique et passionnante avant que vous ne passiez de l’autre côté ?

Chronique de Vincent Lapalus.

© Bliss Comics, 2022.

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