Sirocco

Le Sirocco dans cette séduisante bande dessinée est à la fois un bar chaleureux mais aussi le vent saharien qui va balayer un petit village de Sicile de son air chaud et violent. Violent, comme parfois peuvent l’être les destins de certaines personnes. Après Basilico, Giulio Macaione nous revient avec Sirocco un charmant titre qui prend également place dans le catalogue des éditions Ankama.  

Ce n’est pas l’allégorie d’une personne, mais celle de trois membres d’une même famille. Chacune porte ses inspirations, ses difficultés et ses blessures. Il y a Mia, lycéenne de 17 ans dont l’ambition est de partir à Milan dans une prestigieuse école de danse. Elsa, sa grand-maman, qui, à la suite d’un cancer a perdu la mobilité d’un bras et qui ne peut que péniblement pratiquer son art, la sculpture. Enfin, Gianni, le père de la demoiselle. Celui-ci évolue entre son bar le « Sirocco », sa fille et sa mère. S’ils ont bien une chose en commun, c’est qu’ils ont la fâcheuse tendance à s’oublier et à faire passer les deux autres avant eux. Plusieurs choses sont néanmoins évidentes : pour la première, elle n’ose pas approcher son père, de peur de le laisser seul avec Elsa, pour lui demander si elle peut passer le concours d’entrée pour s’exercer au ballet dans la prestigieuse académie milanaise. La seconde a de petits secrets et elle préfère fuir que d’annoncer à son fils et à sa petite fille que la maladie qu’elle pensait avoir combattue est revenue. Le dernier choisit de rester célibataire au lieu de rechercher l’amour, afin de rester le plus présent auprès de ses dulcinées… Mais pourquoi se mettent-ils donc autant de contraintes et de pressions ?

Heureusement, Mia a, à ses côtés, son meilleur ami Enrico. Le jeune homme la soutient et la pousse à réaliser ses rêves. Elsa, a toute l’attention de son amoureux d’enfance Luigi, resté dans leur village natal en Sicile. Elle correspond avec lui depuis des années et il est toujours à son écoute. Quant à Gianni, après s’être fritté avec sa progéniture qui l’a inscrit malgré lui sur Grindr, il retrouve l’amour auprès de Lorenzo.  

On pourrait s’attendre à ce que ce récit nous expose des tranches de vie tout ce qu’il y a de plus banal, ce serait sans compter sur l’imagination foisonnante de l’auteur. Il m’avait déjà bien séduite et surprise avec Basilico et tout autant avec Etoile de mer paru aux éditions du Long Bec, indisponible à ce jour. Tous les deux sont élaborés avec subtilité et traversés de multiples rebondissements. Son dessin est à la fois doté d’une grande force et d’une extrême douceur. Sirocco est découpé en trois chapitres qui arborent des couleurs différentes. Un bleu léger pour commencer, suivi d’un vert tendre et il se termine en apothéose sur un soupçon de lavande. Les personnages sont beaux et ils ont du caractère. Ils nous poussent à l’envie de les suivre tout au long de cette aventure. J’ai même eu un pincement au cœur à la fin de l’intrigue et j’étais triste au moment de les quitter.

L’auteur, par son histoire attrayante, poétique et subtile, nous incite à prendre quelques jours de congés pour nous permettre de nous envoler en Italie et plus spécialement dans la région Sicilienne. Si vous n’avez pas la possibilité de partir pour le moment, pas de problème. Emportez dans votre sac ce petit ouvrage pas plus grand qu’un roman, mais de surcroît bien plus élégant et laissez-vous séduire par tous les acteurs que vous allez croiser dans ce magnifique ouvrage. Emotions garanties !

Chronique de Nathalie Bétrix

© Ankama , 2022.

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