OUAGADOUGOU PRESSÉ

Envie de rire et voyager ? Alors, c’est parti! Suivez Roukiata dans la bande dessinée aux accents autobiographiques Ouagadougou pressé. Française d’origine Burkinabé, Roukiata Ouedraogo, scénariste, tient régulièrement des chroniques humoristiques sur France inter. Elle nous propose, au côté de la dessinatrice Aude Massot, une évasion haute en couleurs dans ses souvenirs africains et son quotidien parisien. Ici et là-bas, on s’ouvre à une culture différente, à d’autres horizons. Les éditions Sarbacane nous proposent un format généreux de 173 pages, avec une couverture aux tonalités joyeuses qui donne l’ambiance de l’album.

Roukieta vit dans une petite chambre de bonne du 18e arrondissement de Paris. Dans deux jours, elle rentre au Burkina Faso. Elle nous raconte ses préparatifs, du coiffeur  afro très fréquenté à la préparation des sapes et de la valise. Elle imagine l’accueil qu’elle aura, et nous plonge avec humour dans ses souvenirs. Avec un père qui montait la garde chaque soir pour ne pas laisser sortir sa fille, les tentatives de séduction des garçons ou de sorties peuvent notamment devenir rocambolesques.

Roukiata Ouedraogo est engagée auprès d’associations luttant pour l’éducation des jeunes filles et contre les violences faites aux femmes. Derrière les anecdotes rigolotes, l’auteure dénonce l’air de rien les petits abus quotidiens, des rabatteurs du quartier Château Rouge à Paris à la corruption trop fréquente au Burkina. Elle évoque les petites galères des inégalités au Burkina, coupures d’électricité, système de débrouille… Il faut avoir du caractère, pour faire face aux petits harcèlements (évacués à coup de  » tchip « ) ou aux excentricités de certains personnages. Mais c’est aussi beaucoup de petits et grands bonheurs de faire partie d’une communauté pleine d’énergie.

Le graphisme est construit avec des mises en parallèle réussies entre les deux pays. Les dessins mettent en évidence les contrastes entre deux mondes ou au contraire les similarités de certaines rencontres et le plaisir universel de retrouver sa famille. Des plans larges nous offrent des scènes pleines de vie. Les cases se déclinent dans des tons chauds, vifs. L’ensemble est très coloré, à l’image des tissus africains souvent représentés. Des personnages sont dessinés à presque toutes les cases, attestant de l’importance des relations sociales dans l’histoire. Les personnages ont des expressions affirmées et drôles, participant à rendre la lecture agréable et amusante.

Cet opus contribue à la diffusion, importante, de la culture africaine, du métissage et de la diversité. C’est une histoire de rencontres et de partages, pour passer un bon moment, s’évader et s’ouvrir aux autres. C’est aussi un récit chaleureux pour aider les femmes à s’affirmer!

Chronique de Mélanie Friedel – Huguet

©Éditions Sarbacane, 2021.

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