TANGO T6: Le fleuve aux trois frontières

Matz et Philippe Xavier clôturent avec panache le premier cycle de Tango, leur série d’action puissante et dépaysante qui nous a littéralement conquis.  Cette saga succulente éditée par Le lombard nous entraîne en Amérique du Sud sur des terrains de jeu propices à l’évasion. Elle s’est rapidement imposée dans le cœur des lecteurs rencontrant en parallèle un succès critique totalement mérité. Chaque opus est la garantie de passer un excellent moment, sans être prisonnier d’un contemporain étroit.

Avec ce sixième volet intitulé « Le fleuve aux trois frontières » qui a pour cadre le carrefour entre l’Argentine, le Paraguay et le Brésil, le tandem apporte des réponses aux questions laissées en suspens tout en comblant les bédéphiles avec une histoire musclée et captivante.

Comme l’indique la superbe couverture, il y a de la menace dans l’air, du danger, notre héros est sur les dents, sur le qui-vive, c’est la fin de quelque chose.

Les scénarios efficaces des auteurs ont le don de nous embarquer à chaque fois dans un voyage splendide, les deux globetrotteurs savent puiser dans leurs périples respectifs pour nous enchanter.

La trame est toujours subtile et parfaitement définie, les personnages principaux sont bien campés et attachants, le rythme est haletant et l’alternance entre les scènes d’action et les scènes contemplatives est pertinente. Les décors ont une place de choix et ils nous en mettent plein les yeux.

Philippe Xavier sait nous régaler avec des découpages prodigieux et des cases panoramiques qui envoient du lourd. L’artiste sait y faire pour promener notre regard, le capter et le guider à sa guise. On est comme au cinéma, dans quelque chose de très vivant, les cadrages varient, le jeu de caméra est divin. On est en mouvement, les regards se croisent. La construction est très pensée, il est inutile de résister, ce récit nous aspire.

La prestation graphique du bédéiste est éblouissante, brillante. Tout est dosé !

La maîtrise est totale et le rendu absolument bluffant.

Les couleurs numériques de Jérôme Maffre apportent du relief, de la densité à un dessin élégant et plein d’allure. La lisibilité est accentuée par le coloriste qui effectue sur cet opus un travail d’orfèvre. Il souligne judicieusement les émotions et ses ombres sur les visages sont impressionnantes.

Tango résulte d’un savoir-faire épatant, d’une association au top, une équipe complémentaire et redoutable qui en dépit d’une cadence soutenue est toujours au rendez-vous pour produire des épisodes de qualité et un bel exemple de ce que la bd franco-belge produit de mieux.

Ils seront de nouveau dans vos librairies en  2023, avec l’ouverture d’un nouveau cycle et des aventures qui devraient nous mener aux Philippines. On en salive d’avance.

Chronique de Stéphane Berducat

© Le Lombard, 2021.

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