Silence radio : 36 mois pour me relever d’un AVC

Silence radio : 36 mois pour me relever d’un AVC c’est une histoire de reconstruction éditée par Delcourt, un message d’espoir fort scénarisé par deux amis Xavier Bétaucourt et Bruno Cadène, un récit puissant dans lequel tout est vrai mais surtout un hymne pertinent au courage et à la volonté.

C’est une tranche de vie de Bruno Cadène que les deux auteurs qui avaient déjà collaboré sur The Ramones avec leur complice Éric Cartier nous content ici, un projet qui nécessita pas mal de temps. Un jour qu’il rentrait chez lui, le grand reporter à Radio France qui travaille à France Culture est victime d’un accident vasculaire cérébral. Alors qu’il en ressent les premiers effets, il contacte comme il le peut son épouse qui remue ciel et terre pour lui venir en aide.

En quelques pages de bande dessinée, sans pathos, avec beaucoup de clarté et un peu de mise en scène, ils vont nous expliquer comment le journaliste passionné va progressivement remonter la pente.

Ils nous rappellent en permanence combien cela aurait pu être pire tout en nous permettant de saisir ce qui se passe dans la tête d’une personne qui se voit brutalement dépossédé de ses aptitudes les plus élémentaires et qui doit mobiliser toute son énergie pour retrouver peu à peu son autonomie.

Une bonne partie des journées est consacrée à la rééducation, le professionnel de l’information tente des choses et s’accroche. Il est animé par une détermination hallucinante et il a la chance d’avoir des proches, une femme, une famille, des collègues disponibles et tenaces pour le motiver.

C’est une lecture plaisante née d’une boutade qui témoigne d’une transformation revigorante.

 Ce n’est en aucun cas une bible médicale, les anecdotes sont nombreuses et l’envie de vivre y est omniprésente.

Côté dessin, Olivier Perret livre des illustrations très personnelles, pas hyperréalistes mais très lisibles. Il brille dans sa restitution des attitudes et des émotions, il nous interpelle en générant l’empathie nécessaire pour aborder convenablement un sujet aussi délicat que celui-là.

Les couleurs de Paul Bona sont à la fois douces, agréables et subtiles.

Silence radio c’est le parcours singulier d’un rescapé qui a su puiser des ressources là où elles se trouvaient, un témoignage positif qui fait un peu évoluer notre regard.

L’AVC reste un événement hélas fréquent dont on se rétablit de mieux en mieux ce qui est très réconfortant.

C’est une aventure humaine qui prouve si on en doutait la capacité de l’humain à s’adapter quel que soit l’ obstacle, un chemin de vie qui nous pousse au respect et à l’humilité.

Chronique de Stéphane Berducat

© Editions Delcourt, 2022.

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