Florence Arthaud femme libre

Avec Florence Arthaud femme libre, Pascal Bresson met en lumière aux éditions marabulles un destin hors du commun. Il signe un livre dessiné qui rend hommage à la ténacité d’une pionnière qui possédait un mental d’enfer. Elle est allée au bout de ses rêves se hissant parmi les plus grands. Elle est devenue une personnalité populaire et un modèle pour de nombreux voileux.

L’épais one shot est né de diverses rencontres facilitées par un ami commun, un marin malouin qui a rendu les entrevues possibles dans la cité corsaire où « la petite fiancée de l’Atlantique » avait ses habitudes, un repère de pirates dans lequel elle est encore un peu partout et dont les rues sont magnifiquement représentées dans le roman graphique.

Une relation est née, une amitié aussi.  Le bédéiste a décidé après son tragique décès survenu brutalement le 9 mars 2015 en Argentine de raconter comment à force d’abnégation et de courage, elle est parvenue à s’imposer dans un milieu machiste, à défoncer toutes les portes pour être considérée par ses pairs et obtenir un palmarès conséquent. Elle est d’ailleurs à ce jour la seule navigatrice à avoir remporté la Route du Rhum, une victoire mémorable réalisée à bord du Pierre 1e en 1990.

Avec un procédé narratif inventif, il nous embarque à la découverte d’une aventurière déterminée que l’on accompagne dans ses plus grands exploits. Grâce à des anecdotes bien choisies, on capte les traits de caractère d’un personnage dont on peut apprécier la sincérité et la vivacité mais aussi comprendre l’admiration qu’elle suscite chez de nombreux marins. Pour arriver à ses fins, il s’est plongé dans la documentation, il est parti à la recherche des livres, des images et il a visionné avec intérêt les nombreux reportages télévisés.

C’est un tendre portrait que dresse le bédéiste, un biopic passionnant dans lequel il glisse un peu d’humour. On ressent surtout de la dignité, de la bienveillance et beaucoup de respect pour une sportive qui a bravé les éléments, connu un parcours fulgurant et n’a jamais baissé les bras.

Côté dessin, on est d’abord surpris par la prestation graphique réaliste, lisse et douce de Sophie Ruffieux qui contraste avec le caractère rugueux de son personnage principal et un monde de la mer impitoyable et rude. Les pages défilent et on réalise alors que le procédé est heureux, qu’il apporte de la finesse et une touche sensuelle très plaisante. Les illustrations sont détaillées et la colorisation intelligente.

Florence Arthaud femme libre est une belle immersion dans le monde périlleux des skippers, on y retrouve quelques légendes qui nous firent rêver et une battante lumineuse, exceptionnelle et entière qui restera à jamais dans nos cœurs.

Chronique de Stéphane Berducat

© Marabulles, 2021.

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