GABRIEL

Emmanuel Temps signe chez Des ronds dans l’O sa première bande dessinée, un one shot bouleversant et éclairant intitulé Gabriel qui est à la fois un hommage réussi et touchant et une sensibilisation pertinente à la schizophrénie.

Le story-boarder dans le cinéma d’animation s’est inspiré pour cette fiction émouvante du vécu de son frère disparu précocement en 2012, à l’âge de 28 ans. Il était artiste peintre, souffrait de troubles psychotiques qui le précipitèrent vers une fin tragique.

Il décrit avec  justesse les manifestations de cette maladie très répandue et pourtant taboue. Il aborde les délires, les hallucinations, le retrait social, les difficultés cognitives mais aussi les traitements qui s’ils sont dosés correctement permettent d’avoir une vie à peu près normale.

Il évoque l’ entourage du patient,  la bienveillance indispensable pour affronter la tempête émotionnelle qui guette puis le sport, l’amitié, l’amour, la pratique artistique qui constituent des exutoires, des palliatifs qui souvent apportent le réconfort nécessaire pour affronter des heures terribles.

C’est un récit puissant dans lequel on ressent la souffrance du patient, un livre dessiné qui active l’empathie du lecteur et donne les clés pour comprendre les conséquences et l’impact de ce trouble mental sévère.

Le scénariste et dessinateur utilise un découpage judicieux qui nous immerge dans un récit prenant. Les pages défilent avec une aisance déconcertante et le rendu est saisissant. Le dessin numérique est clair, élégant et efficace ; les nuances de gris nous aident à ressentir les changements d’humeur. Elles  contrastent parfaitement avec les peintures colorées de ce frère adoré que le bédéiste a judicieusement insérées afin de rappeler s’il le fallait son importance dans ce projet que l’on devine longuement mûri.

L’auteur pose son cadre à Tours, une ville parfaitement identifiable par le biais d’illustrations réalistes et plaisantes, un berceau familial dans lequel se sont déroulés la majorité des faits retranscrits.

Avec Gabriel, Emmanuel Temps lance un message d’amour indéfectible et fort. Il met du même coup à notre disposition un outil de médiation fabuleux pour expliquer, mieux comprendre et faire connaître une maladie sournoise qui véhicule hélas pas mal d’incompréhension, inquiète et touche 23 millions de personnes dans le monde.

Chronique de Stéphane Berducat

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