Les étoiles s’éloignent à l’aube

Franklin Starlight, jeune métis d’origine Ojibwé, est âgé de 16 ans.  Il vit dans une ferme isolée de Colombie britannique avec son tuteur Red, qui l’a élevé comme son fils lui inculquant les valeurs auxquelles, il croit, ainsi que le respect de la nature et quelques coutumes indiennes… 

Un jour d’automne, le jeune homme s’apprête à aller retrouver Eldon, son père naturel, un alcoolique dont les jours sont comptés …   Si le jeune homme ne se fait aucune illusion sur son géniteur qui a toujours été insupportable, menteur, hâbleur… Il y va par curiosité, il se demande bien ce que lui veut Eldon. A son arrivée, Frank trouve son père dans les bras d’une prostituée et pas du tout gêné par la situation.   Alors qu’ils déjeunent ensemble, Eldon révèle à son fils ce qu’il attend de lui : l’accompagner pour un dernier voyage à 60km de là, sur une ligne de crête face à l’Est, là où on enterre les guerriers indiens. En échange, il lui promet de tout lui révéler sur sa mère naturelle.  Franklin accepte. Nous voilà partis pour un road trip de 150 pages durant lesquelles, ce jeune homme fera connaissance avec ce géniteur néfaste et insupportable et qui, peu à peu ouvrira son cœur à ce fils si longtemps délaissé !

L’auteur signe chez Sarbacane une très belle adaptation de l’excellent roman de Richard Wagamèse « Les étoiles s’éteignent à l’aube » paru en en 2016 aux éditions Zoe.  

Vincent Turhan recrée la dimension contemplative du roman, traite de sujets comme la quête de soi et de la vérité, la transmission des valeurs, le respect des traditions, le pardon…   Il a recours aux flashbacks qu’il alterne et complète avec le tête à tête du moment présent et les séquences familiales du passé. La sobriété du dessin de Turhan sublime cette histoire grâce au crayonné, à la craie et aux crayons gras. Il alterne des séquences panoramiques muettes et des moments de révélations centrés sur les personnages. 

C’est triste mais d’une grande poésie qui met en lumière une grandeur d’âme et un humanisme éblouissant.

Chronique de Carole Pereira.

©Editions Sarbacane, 2022.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s