LE SENS DE LA FORMULE

Une plongée dans une époque rétro, pour une aventure entrepreneuriale résolument contemporaine : c’est l’agréable nouvelle parution BD des éditions Rue de l’échiquier, intitulée « Le sens de la formule ». Le roman graphique scénarisé par Willy Waller et dessiné par Pierre Lecrenier, est imprimé en France ; détail qui a son importance pour transmettre l’histoire – librement inspirée – de pionniers du bio, qui se sont lancés le défi de créer l’entreprise Body nature.

Née à Orléans, j’ai pris un plaisir particulier à découvrir que l’histoire prend ses racines localement, en région Centre-Val de Loire. Ainsi, le début de l’ouvrage nous plonge dans l’orléanais des années 70, 50 ans en arrière. Les pratiques commerciales mensongères des lobbys agroindustriels et de la grande distribution révoltent le personnage principal qui démarre sa carrière de commercial. Elles l’amènent à développer une gamme de produits écologiques, sans colorant, sans parfum…

Au cours de cette aventure familiale, Gilles Garnaud, personnage principal, peut compter sur ses proches pour surmonter les obstacles : démissionner, trouver des fonds, des locaux, assumer une sensibilité à contre-courant de la norme… Et surtout innover. Et ça marche ! Croissance, embauche d’une équipe éclectique, développement d’un site dédié à la ferme… Défi réussi ! A travers cette histoire personnelle, l’ouvrage donne un aperçu de différentes dynamiques économiques à l’œuvre à cette période : l’avènement de la vente à domicile, la féminisation du travail, mais aussi des consommateurs de plus en plus nombreux à adhérer aux valeurs environnementales. Le récit est fluide, léger, drôle parfois, il offre un bon moment de détente.

Le style graphique, d’apparence simple, est efficace. Il est adouci par un traitement à l’aquarelle. J’ai apprécié le soin porté pour reconstituer les paysages d’époque : Ardon sans IKEA, c’est la campagne ; des voitures circulent encore rue de la République à Orléans, Dior s’installe tout juste à Saint-Jean-de-Braye… Le livre fourmille également de détails des « seventies » : voitures, tente, camping-car, T-shirt, chaises, tenues excentriques… Et mini-jupe bien sûr ! En bonus, 5 pages joliment illustrées sur une vingtaine d’essences végétales utilisées dans les cosmétiques et produits d’entretien viennent compléter le récit.

A l’heure où de nombreux jeunes aspirent à donner du sens à leur travail, où beaucoup tentent l’aventure de la reconversion, où le bio est consommé par une majorité de Français, ce livre devrait parler à un large public !

Chronique de Mélanie Huguet-Friedel

© Rue de l’échiquier

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