VIVRE EN MACRONIE Année 4: 66 millions de procureurs

Allan Barte le bédéiste et dessinateur massivement suivi sur les réseaux sociaux  est de retour avec un quatrième volet désopilant mais toujours pertinent intitulé  Vivre en Macronie  Année 4 : 66 millions de procureurs et il n’est pas présomptueux de dire qu’il était très attendu.

L’ opus issu d’un financement participatif est édité par Ant Editions, une structure éditoriale déterminée qui semble résister vaillamment aux intimidations en tous genres. Elle est actuellement au cœur d’une confrontation qui démontre l’ impréparation et le mépris d’une certaine élite dont elle contribue à dénoncer la brutalité et la déconnexion.

L’auteur de ce pamphlet poursuit un concept simple et judicieux. Il épluche la presse nationale et illustre chaque jour ou presque des articles qui  retiennent son attention et parfois, on le devine, l’exaspèrent.  Il réalise ensuite une sélection qu’il compile dans un ouvrage exutoire.

Il laisse entendre une critique salutaire pour notre démocratie à un moment ou toute forme de contestation est plus que limitée compte-tenu du contexte sanitaire plombant.

Avec un talent certain et un esprit brillant et incisif, le dessinateur égratigne notre monarque et il faut dire qu’il y a beaucoup à dire. Les promesses de campagne se sont envolées et ceux qui ont cru au « ni droite, ni  gauche » affichent désormais, du moins pour les plus objectifs, une belle gueule de bois.

Il illustre bien sûr les erreurs de communication, les petites phrases malheureuses qui nous font sourire mais aussi les très grosses boulettes.

Certaines suffisent à expliquer le déficit de confiance assez évident vis-à-vis de notre président et de son gouvernement. Dans ce dernier volet qui s’ouvre sur une préface tonitruante de l’agriculteur engagé Cédric Herrou, le « dessinateur d’actualités » comme il aime se définir pointe du doigt le libéralisme décomplexé, le favoritisme à peine masqué, les restrictions de nos libertés, des mesures pour l’hôpital inexplicables, mais aussi l’intégrité contestable de seconds couteaux pour la plupart dépourvus de charisme.

Il y a également le manque de conviction en matière écologique qui se révèle assez choquant.

Il faut reconnaître à Allan Barte un certain courage car à la différence de nombreux français qui se sont résignés à voter pour ce chef d’état, l’homme ne s’auto-censure pas, dit ce qu’il pense, s’insurge et ses carricatures sonnent justes. Il souligne l’ego démesuré d’un politicien qui a surtout la chance d’avoir de solides soutiens et aucune opposition crédible.

Avec Vivre en Macronie, l’artiste capte et retranscrit finement les agacements et critiques vis-à-vis de l’exécutif. Il offre un regard partisan et percutant. Il a su tirer parti de ses études en communication politique pour  décrire le dessous des cartes, vulgariser et décrypter des mesures volontairement peu compréhensibles pour les non-initiés.

On peut être d’accord ou non avec ses dessins, il faut néanmoins admettre que le trublion adopte un positionnement sincère, une audace à toute épreuve et une approche d’une efficacité diabolique.

Chronique de Stéphane Berducat

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