GO WEST YOUNG MAN

Tiburce Oger a recruté les meilleures gâchettes pour réaliser à ses côtés un bel hommage au western, un genre qu’il affectionne depuis toujours et dont il maîtrise assurément les codes.

Après le formidable  Buffalo Runner  chez Rue de Sèvres et l’étonnant Ghost Kid, le scénariste revient chez  Grand Angle avec l’ambitieux « GO WEST YOUNG MAN ».

Pour ce projet, il utilise son savoir-faire reconnu pour composer des épisodes excitants. Il est accompagné d’un casting qui laisse rêveur et annonce d’emblée du lourd. Le bédéiste a entraîné dans son sillage des pointures qui se sont laissées emporter par son enthousiasme, l’intérêt du projet et un souffle épique rafraîchissant.

Cet ouvrage a de nombreux atouts.

D’abord, un script simple, une idée excellente, une montre qui passe de main en main au fil du temps. Le concept est rudement efficace en plus d’être passionnant. Il nous raconte 150 ans de l’histoire des Etats Unis, des péripéties rocambolesques et palpitantes.

Pour ce ce one shot qui compte 14 parties, 16 pour l’édition de luxe, il a exploré toutes les thématiques majeures de la conquête de l’Ouest. Il y a bien sûr les relations avec les Indiens, les pionniers, les trappeurs, le racisme endémique, le pony express, la guerre de Sécession. On y retrouve les légendes notables, les hors la loi mais aussi les voleurs de bétail, la fièvre noire et bien entendu l’ambiance des saloons et celle sanglante des champs de bataille.

On y perçoit l’espoir, l’enthousiasme, la peur, la cruauté, la sauvagerie et il y est évidemment question de vengeance.

C’est un album qui sent la sueur, le cuir et la poudre dans lequel on entre immédiatement grâce à la couverture folle réalisée par Enrico Marini. Elle nous transporte dans le vif du sujet et nous exhorte à découvrir un sublime divertissement. Elle est en plus ornée d’un lettrage inspiré et ravissant.

Le bédéiste a imaginé pour chacun de ses collaborateurs des scripts sur mesure. Patrick Prugne met en scène Hurons et Iroquois dans une nature hostile et envoûtante, Félix Meynet dessine à la perfection les soldats en uniforme. Que rêver de mieux ?  Benjamin Blasco-Martinez, Ralph Meyer et Corentin Rouge nous embarquent dans des courses poursuites et des fusillades exaltantes. Il y a aussi les décors fascinants de Paul Gastine, Olivier Taduc et Ronan Toulhoat.

Et puis, il y a la prestation de François Boucq colorisée par Jack Manini qui en quelques cases, 4 planches seulement s’impose.

La participation de Dominique Bertail se distingue également par son usage du brou de noix et son rendu remarquable. On y perçoit nettement le kiff ressenti par un artiste à qui tout réussit.

La prestation de Michel Blanc-Dumont et Steve Cuzor est magistrale, détaillée et sublime. En seulement 2 pages, ils nous ébahissent.

Avec Éric Hérenguel, Hugues Labiano et Christian Rossi on entrevoit la noirceur d’hommes confrontés à une époque hostile et impitoyable.

GO WEST YOUNG MAN est l’opus qui mettra d’accord tous les amateurs de western. On y retrouve le gratin des cow-boys, pas mal de canassons et un scénariste à son zénith.

Chronique de Stéphane Berducat

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