LES VACANCES DE DONALD

Donald Duck, le palmipède colérique est de retour dans les bacs avec un épisode imaginé par Frédéric Brrémaud, illustré par Federico Bertolucci et édité par Glénat.

Dans ce one shot classieux intitulé les vacances de Donald, les deux bédéistes remettent en scène la vedette ailée.

Ils nous en mettent d’emblée plein les yeux avec un livre dessiné de toute beauté, une couverture soignée et un dos vert toilé du plus bel effet.

Le personnage modelé par Art Babbitt, Dick Huemer et Dick Bundy pour les studios Disney n’a pas pris une ride et il est aujourd’hui à son zénith. Depuis 87 ans, il nous fait rire. Son succès ne souffre pas du temps qui passe, bien au contraire. L’oiseau qui était auparavant un joli faire-valoir de la souris rusée a pris une éblouissante revanche.

Après des rôles secondaires très remarqués, il a gagné un authentique statut de star. Il a désormais des aventures dédiées en BD et ce n’est sans doute que le début car en cette période de nostalgie assumée, les valeurs sûres semblent se tailler la part du lion.

Notre canard anthropomorphe grincheux, volontaire et explosif nous entraîne dans de nouvelles péripéties. Il souhaite fuir le bruit de la ville. Il se retire alors dans la forêt où il ambitionne de se resourcer. Il espère retrouver la sérénité mais les éléments et les autres animaux vont en décider autrement.

Frédéric Brrémaud a imaginé une narration effrénée et plaisante. Les gags s’enchaînent à un bon rythme. Peu à peu, on se déride, on s’amuse. Les adultes retrouvent doucement leur âme d’enfant et les bambins se régalent. L’auteur a choisi de se passer des bulles facilitant du même coup l’accès à un public familial et la mise au premier plan d’illustrations lumineuses. Son découpage ultra-lisible est un ravissement et c’est un réel bonheur de voir évoluer des personnages dans un cadre naturel luxuriant et exempt de toute pollution. Comme à son habitude, Donald n’en loupe pas une et on se délecte avec tendresse de ses bêtises.

Le scénariste joue la carte de la continuité, de la fidélité à l’œuvre originale ce qui est tout à fait pertinent. Il est assez perceptible qu’il aime ce héros qu’il anime avec enthousiasme.

Côté dessin, on retrouve rapidement la délicatesse et le style de Federico Bertolucci. Il insuffle de la légèreté, de la naïveté et du raffinement. Son acteur principal est conforme au Donald que l’on apprécie. Il possède une expressivité magnifique. Il est toujours en mouvement, et plein d’entrain. Le dessinateur met en scène sa vivacité, son dynamisme et son audace qui font de lui un personnage solaire et sympathique auquel on s’attache forcément. L’artiste italien met sa technique au service de son complice et signe à ses côtés une prestation graphique qui a tout d’une performance. Ses illustrations sont admirables et ses couleurs sont splendides.

Les vacances de Donald c’est un sublime objet, un divertissement agréable, une bonne dose d’humour, un hommage assumé et une ode à la nature réussie. Pourquoi s’en passer ?

Chronique de Stéphane Berducat

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