Oscuro en Rosa

La rencontre entre Céline Tran, directrice de la collection Porn’pop aux éditions Glénat et Tony Sandoval, auteur atypique pour parler de leur futur projet, Oscuro en Rosa a marqué la jeune femme. Cela fait des années que je connais cet artiste et son immense talent et je peux le confirmer, chaque moment passé avec lui, m’a laissé un souvenir étourdissant.

Il n’est pas donné à tout le monde d’accéder au domaine imaginaire de Tony Sandoval. Pour cela il faut aimer les univers légèrement étranges, les individus à la personnalité originale et trouble mais aussi les figures insolites sorties de ses divagations les plus folles ! Souvent sombres voire dérangeantes, ses œuvres sont également d’une poésie bouleversante. On y croise des adolescents tourmentés à la recherche de leur identité, parfois amenés à croiser d’énigmatiques entités. Envoûtée, je le suis à chaque fois, autant par la narration que par son trait élégant et séduisant.  

A chacun de nos contacts, je l’ai vu muni de sa trousse de travail et d’un carnet à croquis. Crayons, feutres, plumes et aquarelles, tout ce dont le dessinateur a besoin pour recouvrir de nombreuses feuilles de papier. Le regarder créer est juste un instant magique, ce qui prend vie de ses mains est indéniablement de toute beauté. J’aime ses femmes aux visages circulaires et aux corps galbés. Elles ont un regard hypnotique et leur sourire nous dévore. Telles des sirènes qui nous captivent, elles ensorcellent de leur regard mutin et vorace. Comment résister à tant de charmes ?

J’ai retrouvé dans Oscuro en Rosa tous les ingrédients qui font de l’œuvre de ce bédéiste un moment d’exception ! Que ce soit Le cadavre et le sofa, Nocturno, Le serpent d’eau, Mille tempête ou mon album préféré Doomboy, tous ces titres sont traversés d’éléments et de personnages sortis tout droit de rêveries insensées. Ils sont parsemés d’êtres obscurs et hallucinants. Parfois son trait est d’une simplicité déconcertante, pour devenir une toile déployant des couleurs chatoyantes. Des récits hors normes, des acteurs attachants et, des paysages enchanteurs. Entre rêve et cauchemars mon cœur balance. Une chose est sûre, Tony Sandoval me fascine et il le fera encore longtemps….

Dans cette bande dessinée, la sensualité est de mise. Nos juvéniles protagonistes vont à la découverte de leurs premiers désirs sexuels et le temps que va durer leurs vacances, ils vont s’ouvrir à d’extraordinaires fantasmes. Virginio à l’appendice nasal prédominant, Gloria aux cheveux de jais et Angie affublée d’une crinière rousse, ne vont certainement pas oublier de sitôt leur mésaventure. Les événements semblent irréels et nous emmènent à la frontière d’une douce folie ou se mêlent et s’entremêlent d’inquiétantes créatures venues des profondeurs aquatiques. Gloria qui aime se balader nue au bord de la plage est abordée par un homme à l’allure livide et à la chevelure laiteuse. De leur union surgit un serpent qui lui révèle qu’à chacun de ses orgasmes, il lui dévoilera soit un secret soit comment trouver un objet égaré. Pour la nymphette, dont le père a disparu depuis plusieurs années, la révélation initiale est capitale, son papa est vivant ! A partir de cet instant, elle pénètre dans un monde fantasmagorique et emporte avec elle ses deux amis.

Tony Sandoval a su composer avec finesse et subtilité, dans cette collection pour adultes avertis, un conte érotique brillant, qui nous transporte dans une atmosphère onirique et singulière qui nous laisse un goût onctueux et nous recouvre d’une agréable sueur.

Chronique de Nathalie Bétrix

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