RIP T4: Albert

Gaet’s nous plonge une nouvelle fois dans l’horreur et il faut bien reconnaître que l’on adore ça.

Ce quatrième acte édité par Petit à Petit est tout aussi bon que les précédents et on pourrait même le trouver meilleur car les informations s’accumulent et les pièces s’assemblent assez naturellement.

On en sait davantage sur nos détrousseurs de macchabés que le scénariste nous présente avec une technique affûtée. Ce sont tous des pirates, des pilleurs, des exploités mais aussi des paumés attachants que la vie n’a pas épargnés.

Après Derrick, Maurice et Ahmed on frissonne encore avec Albert. Les épisodes s’enchaînent parfaitement. La découverte du personnage est savoureuse. On comprend rapidement que notre héros qui affiche un petit air d’ado attardé est furieusement dérangé. La couverture de l’album capte d’emblée notre regard et nous invite à étudier de près la psyché d’un psychopathe en puissance.

Certes, il semble avoir des circonstances atténuantes, le déterminisme est une réalité tout autant qu’une absence totale de chance. Le gentil garçon s’est mis en tête de remplir sa vie d’un amour quelque peu hors normes. On appréciera sa démarche assez inattendue.

La mécanique est bien rôdée, le directeur de collection compose un portrait habile. Le découpage est efficace, les diverses parties sont entrecoupées de citations et paroles de chansons qui respirent le bon goût (Brel, Cabrel et surtout Bashung…). Elles permettent aux lecteurs de reprendre leur souffle ce qui est une réelle bonne idée.

L’auteur attise subtilement notre curiosité. Il s’amuse à allumer des mèches qui devraient exploser dans les tomes suivants laissant clairement entendre qu’il en a sous le pied et que l’on n’est pas au bout de nos surprises. Ce volet s’achève d’une belle manière avec un final déstabilisant comme on les aime.

Coté dessin, Julien Monier nous sert une mise en scène délicieusement crade, poisseuse et angoissante qui complète merveilleusement les textes rares et percutants de son acolyte. Comme à l’accoutumée, les insectes en tous genres grouillent et évoluent librement sur l’ensemble des pages.

L’illustrateur et coloriste alterne des atmosphères puissantes insufflant un rythme et un modus operandi cinématographique qui contribuent à donner à cette saga un caractère original et plaisant qui nous embarque complétement.

RIP Tome 4 est une tuerie, un très bon thriller qui relance une saga ambitieuse. La série compte de nombreux adeptes qui étaient tous au rendez-vous pour lui réserver dès son lancement très remarqué un accueil assez exceptionnel. Il faut dire que le tandem a trouvé ses marques, ne ménage pas ses effets et nous régale avec ce projet à la fois haletant et excitant.

Chronique de Stéphane Berducat.

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