ENKI BILAL à la Galerie Barbier

Enki Bilal, l’artiste que l’on ne présente plus est annoncé partout cette année.

Avec les Editions Casterman, il excelle pour susciter une fois encore l’intérêt de l’opinion quelques mois avant la sortie du troisième volet de sa dernière saga intitulée Bug.

Le génial créateur, dessinateur et peintre use de son aura médiatique pour alerter ses contemporains sur les dangers qui planent au-dessus de leurs têtes.  Avec une sélection d’œuvres anciennes et nouvelles, qui délivrent toutes des messages explicites, il nous bouscule comme peu d’auteurs en sont capables.

 Au sommet de son art, le grand prix de la ville d’Angoulême auréolé en 1987 transmet sa vision pessimiste, grave et dérangeante.

Ses œuvres sont visibles jusqu’au 28 août à la Galerie Barbier dans le cadre d’une exposition intitulée Reconstrukt ? Elle fait écho à une autre installée à quelques pas seulement à la maison Artcurial au Rond-point des Champs Elysées avec des réalisations qui appartiennent au projet baptisé Déconstrukt.

Au 10 rue Choron, la galerie présente dans sa première salle sept portraits inédits composés pour l’occasion. Ces humains augmentés élaborés à l’aquarelle et au pastel gras s’inscrivent dans le concept Inclusive Hybrids. Ce sont d’astucieux mélanges d’humain, d’animal et de machine.  Il est bien difficile de lâcher du regard ces merveilles tant elles nous aspirent et nous intriguent. L’artiste visionnaire met en scène une transformation à la fois questionnante et subtile. On y retrouve sa technique singulière, son coup de crayon vif et les couleurs qu’il affectionne.

Dans un second espace, on peut contempler une sélection d’extraits empruntés aux albums suivants : 32 décembre, Le sommeil du monstre, Julia & Roem, La couleur de l’air.

Ils illustrent un monde qui vacille et se déshumanise lentement au profit d’une quête de l’excellence à la fois individualiste et terrifiante.

Dans une troisième salle, la visite s’achève avec une réinterprétation inspirée du célèbre Guernica de Pablo Picasso. L’artiste renforce l’effroi et restitue toute son aversion pour la guerre avec des insertions de dessins d’enfants évocateurs et puissants.

Finalement et même s’il y a peu de nouveautés, le bédéiste et réalisateur nous ravit en nous proposant son regard sur un mammifère décidément hors du commun et une petite rétrospective de son parcours. On perçoit parfaitement l’intérêt de la mise en scène qui met en lumière un cheminement, une démarche aboutie et des thèmes de prédilections qui le hantent littéralement.

Avec cet événement qui nous laisse au bout du compte une forte impression, l’illustrateur éclectique toujours en première ligne nous offre un voyage fantastique et envoûtant.

Chronique de Stéphane Berducat.

Crédits photos: Galerie Barbier et Ilda Costa

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