JEREMIAH JOHNSON Chapitre II

Fred Duval et Jean-Pierre Pécau s’associent pour mettre en cases la vie incroyable d’une légende. Ils signent chez Soleil un western captivant et terrifiant intitulé Jeremiah Johnson, une saga annoncée en 3 actes inspirée de la vie du célèbre mountain man. Les deux volets déjà parus sont une éblouissante réussite. Ils résultent d’une synergie de plusieurs talents réunis pour servir un projet d’envergure, ambitieux comme on les aime.

Après Sydney Pollack, les deux scénaristes s’emparent d’une des grandes figures de l’ouest américain. Ils nous content en détail le destin authentique d’une force de la nature qui fit trembler à lui seul une tribu amérindienne réputée pour sa vaillance.

Les deux bédéistes n’ont pas leur pareil pour nous embarquer dans des aventures exaltantes. Ils font preuve d’une science du récit indiscutable et d’un savoir-faire impeccable. Ensemble, ils alternent avec maestria les épisodes guerriers, les rebondissements et les scènes contemplatives.

Dans un premier tome de haute volée, ils nous avaient expliqués comment un homme qui fuyait la civilisation était devenu un trappeur habile et un chasseur redoutable. Ce traqueur hors pair, solitaire et puissant qui semblait ne pas connaître la peur décida un beau jour de prendre la direction du Montana. Il échangea la fille d’un chef de la tribu des têtes plates prénommée Cygne contre quelques armes et denrées puis partit s’installer à ses côtés dans une cabane où les deux amants coulèrent des jours heureux. La saison de chasse approchant, il laissa sa bien-aimée. A son retour, il retrouva sa compagne qui était, il l’apprendra plus tard enceinte, atrocement assassinée. A partir de ce moment, une soif de vengeance obséda l’individu le transformant en un être monstrueux et sanguinaire.

Dans le second chapitre, on découvre comment il devint « le tueur de crows ». Armé jusqu’aux dents, plus déterminé que jamais, l’individu traque sans relâche les Indiens corbeaux. Sa colère est sans limite, il fait preuve d’une rare sauvagerie. Il collectionne les scalps, arrache et mange le foie de ses victimes. Pour ses proies, il est l’homme à abattre, celui qu’ils souhaitent faire disparaître quel qu’en soit le prix.

Les couvertures réalisées par Jean-Sébastien Rossbach nous plongent efficacement dans un monde inquiétant. Le dessinateur brésilien Jack Jadson, excelle pour donner vie à un environnement hostile, brut un terrain de jeu sublime mis en relief par une alternance de cases panoramiques qui permettent au passage d’en prendre plein les yeux. L’illustrateur imagina un découpage immersif dans lequel les cases se succèdent avec intelligence. Que ce soit pour les scènes de chasse, la représentation de carnages suffocants ou celle d’espèces magnifiques, il nous bluffe complétement avec une technique aiguisée et convaincante.

Il livre des planches (parfois muettes) qui constituent un régal visuel, une ode à la nature dépaysante et ravissante. Il restitue parfaitement une terre généreuse sur laquelle les hommes laissent libre court à leur cruauté, se déchirent et s’entretuent.

La coloriste Nuria Sayago est parvenue à créer une succession d’atmosphères qui collent à ce monde luxuriant et impitoyable qu’elle dote d’une spiritualité enveloppante et omniprésente. Elle apporte de la profondeur, du crédit à une narration rythmée qu’elle appuie avec des jeux de lumière pertinents.

Jeremiah Johnson est une fresque sanglante, excitante et bien menée qui a tous les atouts pour nous faire passer un très bon moment. A la fin du second opus, on a très hâte de retrouver notre héros car on pressent qu’une surprise de taille sera au rendez-vous ce qui est toujours fort agréable.

Chronique de Stéphane Berducat.

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