JYLLAND T1: MAGNULV LE BON

Avec JYLLAND, les éditions Anspach nous présentent une série qui nous attire et nous séduit avec une efficacité diabolique. Le premier volet intitulé MAGNULV LE BON s’annonce sous les meilleurs auspices, il nous embarque d’emblée sur les contrées nordiques.

Les vikings n’ont peur de rien et leurs coutumes sont fascinantes. Nous sommes nombreux à ressentir une forme d’admiration pour ce peuple de païens doué à la fois pour l’exploration, le commerce et la guerre.

Il semblait compliqué de trouver une idée originale à décliner dans une nouvelle saga, un concept capable de nous tenir en haleine sur le long terme.

C’était sans compter sur la créativité de Bruno de Roover qui est parvenu à exploiter une thématique intéressante, mystique et toujours un peu mystérieuse. La religion est au centre de cette fresque et particulièrement le christianisme qui s’est progressivement répandu chez les hommes du Nord.

Magnulv est le suzerain incontesté de son royaume. Il souhaite consolider son pouvoir. Il a deux fils, Rodor l’aîné qui lui succédera logiquement et Sten le cadet parti pour un raid et une longue série de pillages. L’homme à la fin de sa vie en a assez de voir les tribus subir une forte compétition et se déchirer constamment. Pour mettre fin aux luttes tribales et à un système politique instable, il a décidé de convertir son peuple au culte chrétien.

Lorsque Sten rentre victorieux de son périple, il découvre avec stupéfaction un monde en mutation. Les règles ont changé et c’est un bouleversement majeur pour le guerrier qui incarne en apparence le parfait pirate, un soldat dangereux et calculateur. Après avoir amassé un joli pactole qui lui aurait garanti le recrutement de mercenaires et une aura naissante parmi les siens, il se retrouve privé de ce trésor ce qui le mettra en rage.

Il semble à priori se conformer aux ordres de son père mais on découvrira rapidement que les apparences peuvent être trompeuses. L’homme est un combattant puissant et il se cache derrière ce redoutable guerrier un stratège charismatique, manipulateur et courageux qui n’a visiblement pas fini de nous surprendre. Il est apprécié par son entourage et on comprend rapidement qu’un grand destin l’attend.

Le scénariste belge a un certain talent pour aller à l’essentiel. Il ne se répand pas en détails inutiles, son intrigue est claire, lisible et cohérente. Dans ce premier tome, il établit une galerie de portraits succulente. Il y a de l’action, des rebondissements, du rythme et un effet de surprise constant qui déstabilise le lecteur, le désarçonne et l’entraîne parfaitement.

Cette narration est accompagnée d’un dessin réaliste traditionnel signé Przemyslaw Klosin. Avec des illustrations élégantes et plaisantes, il restitue parfaitement un mode de vie austère et un monde sauvage et rude dans lequel les individus sont malmenés et régulièrement en proie à d’imprévisibles événements. Ses personnages sont crédibles, ils ne sont pas idéalisés. Ils portent les stigmates d’une vie difficile et impitoyable.

La conclusion de l’album est intrigante et alléchante. On est ravi que l’éditeur ait la bonne idée de prévoir des sorties rapprochées pour les épisodes à venir car on perçoit assez vite que les auteurs en ont sous le pied ce qui assez jubilatoire. Cette nouvelle épopée a déjà tout d’une grande, elle est captivante, addictive et parfaitement exécutée.

Chronique de Stéphane Berducat.

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