FALLEN WORLD

En l’an de grâce 4001, Matt Kindt et Clayton Crain avaient réussi l’exploit de détruire un continent entier. Le Néo-Japon était la dernière « plateforme » vivable et flottante d’une planète contaminée. Rai le croquemitaine s’était rebellé contre son géniteur, ce qui provoqua la chute de la citadelle. Désormais l’héritage de l’univers Valiant est remis aux mains de Dan Abnett, Adam Pollina et Ulises Arreola. Les répercussions de ce désastre sont éditées par Bliss Comics sous le titre de Fallen World.

Un conflit familial entre Père et Rai entraîne l’éradication de ce paradis volant. Cette intelligence artificielle suprême ne respectait plus les lois fondamentales de la robotique. C’est à son bras droit vengeur qu’il revient la lourde tâche de protéger l’humanité et d’assumer les conséquences de ce cataclysme.

En 4002, les blocs de l’archipel orbital se sont dispersés sur la planète. L’homme revient à son élément naturel, la terre ferme. Les êtres humains et les positrons, leurs anciens esclaves de polyamide, vivent dans des bidonvilles faits de morceaux de cette installation tombée du ciel. Rai se prend pour le nouveau Dalaï-Lama, il a rangé son katana et doit gérer la reconstruction ainsi que l’encadrement d’une société nouvelle au sein du secteur Sontaku.

Mais leur plus grande menace est de retour, Rai n’en avait pas terminé avec son créateur. Père est toujours présent, il revient inlassablement. Insidieux, il parcourt les réseaux informatiques de ces  masses compactes, solides et pensantes parsemées de l’ancien Néo-Japon. En chemin il prend possession de Bloodshot le soldat nanotech par excellence. De cette union naît une nouvelle entité nommée Blood-Père.

Rai s’interdisait de reprendre les armes mais il n’aura guère le choix. Il fera équipe avec Luna (sa fidèle alliée des débuts), Gilad le guerrier éternel,  Karana la Géomancienne et représentante de Mère Nature. Le héros forme une alliance précaire mais nécessaire avec le peuple de Kor’Tunga. En bref, cette coalition part en croisade armes à la main pour se lancer tête baissée dans la bataille. Le havre de paix qu’était Sontaku deviendra un véritable champ de mine où se mènera un combat titanesque afin de contrecarrer un mal dématérialisé et despotique.

Dan Abnett a écrit avec son compère Andy Lanning, les plus belles pages des grandes sagas cosmiques chez Marvel et DC Comics. Romancier, scénariste de comics sans oublier des participations dans le monde du jeu vidéo, cet auteur adore la science-fiction et le fantastique. Pour la relance du personnage de Rai, il s’offre un terrain de jeu tout neuf dans lequel il explore avec bonheur d’autres horizons. Il trouve le bon et juste équilibre pour son histoire. L’auteur repousse les limites du standard pour accoucher d’idées originales. Il mêle l’action à des moments plus posés afin de développer son synopsis et ses personnages. Une bonne dose d’anticipation est ajoutée pour dépeindre un monde futuriste alarmant et malheureusement trop dépendant des nouvelles technologies. Cette bande dessinée prouve que le super-héroïsme et la réflexion procurent un souffle de renouveau à ce chapitre inédit de l’univers Valiant. Elle ne manque pas de nuances et de subtilités. Dan Abnett aborde cette reprise avec fraîcheur, de manière décomplexée et captivante. Il apporte une patte personnelle et sa sensibilité tout en restant dans la continuité du travail de Matt Kindt.

Quelle joie de retrouver Adam Pollina au dessin ! J’avais perdu de vue cet illustrateur depuis ses numéros réalisés sur la série X-Force dans les années quatre-vingt-dix. Après une longue période loin de la bande dessinée, ce styliste de la mine reprend ses crayons pour croquer Fallen World. Il s’éloigne de la représentation visuelle imposée par Clayton Crain sur Rai, lui qui avait opté pour une mise en page froide, métallique et synthétique. Adam Pollina préférera à l’inverse choisir une esthétique clairement plus classique mais tout aussi chic et élégante. Les lignes lorgnent vers une légère touche d’exagération, son trait solide ainsi que son découpage stupéfiant sont remarquables. La narration sophistiquée est  à l’image de cet artisan protéiforme que les couleurs d’Ulises Arreola accompagnent merveilleusement. L’intrigue et le graphisme s’accommodent parfaitement.

En conclusion, j’espère que cet électrisant « reboot » au format limité débouchera sur une série régulière du même acabit que la précédente. Je croise les doigts pour qu’elle provoque un nouvel électrochoc afin que les éditions Bliss Comics enflamment une fois de plus mon appétit insatiable de lecteur avec des titres qui placent la barre très haute.

Chronique de Vincent Lapalus.

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