PATRICK DEWAERE: à part ça la vie est belle

PATRICK DEWAERE : à part ça la vie est belle est un one shot au scénario inventif et au dessin délicat et doux, un cocktail en apparence foutraque qui colle parfaitement à un personnage à la sensibilité exacerbée.

Après son colossal succès public et critique avec La Bombe, Laurent Frédéric Bollée le journaliste et bédéiste d’origine orléanaise revient avec une BD consacrée à un acteur qui marqua indéniablement son époque et qui possède encore aujourd’hui un capital sympathie élevé.

Le scénariste signe dans le cadre de la succulente collection 9 1/2 aux éditions Glénat un biopic original et savoureux dans la droite ligne de l’excellent LINO VENTURA et l’œil de verre

Patrick dewaere était un écorché vif, puissant et fragile, une personne touchante, d’humeur changeante, entière et bien décidée à bouffer la vie.

Depuis sa tendre enfance, il a accumulé les performances. Même s’il fut boudé par la profession qui ne lui accorda jamais la reconnaissance qu’il méritait il interpréta des rôles qui marquèrent durablement les esprits.

Malgré une courte carrière, il laisse derrière lui une filmographie conséquente, 37 films parmi lesquels quelques œuvres cinématographiques inoubliables : Les valseuses de Bertrand Blier, Coup de tête de Jean-Jacques Annaud, Adieu Poulet de Pierre Granier-Deferre, Série Noire d’Alain Corneau ou encore Un mauvais fils de Claude Sautet. Il joua également dans 27 pièces de théâtre.

L’auteur donne sa vision d’un personnage complexe tout en distillant au fil de la narration des éléments pertinents . Il élabore un portrait assez ressemblant, complet, un récit inspiré, non linéaire avec du relief et du fond dans lequel on peut retrouver ses fameuses répliques. D’emblée, il frappe les esprits en commençant par la fin funeste de l’homme à la fossette au menton à l’age de 35 ans le 16 juillet 1982. Il raconte un tragédien insaisissable tout en mettant brillamment en avant ses liens avec Gérard Depardieu, une relation qui varie continuellement entre complicité sincère et rivalité.

Il décrit un homme qui avait ses démons, des addictions, des tourments sans doute liés à une innocence volée et des blessures indélébiles. Il livre des anecdotes intéressantes qui aident à cerner l’enfant terrible du cinéma français mais surtout un acteur exceptionnel, charismatique qui brûlait les planches et crevait l’écran.

On referme l’album sur une scène forte, poétique et onirique qui est une trouvaille subtile.

Côté dessin, la prestation de Maran Hrachyan est un pur régal qui apporte un écho particulier au texte. Elle s’est accaparée le personnage avec brio offrant des portraits réalistes, magnifiques qui respirent le travail et la mélancolie. Pour sa première BD l’illustratrice impressionne. Avec ses illustrations élégantes et ses couleurs séduisantes, elle apporte énormément d’émotion à une biographie dont il se dégage une immense tendresse. Elle dote ses personnages d’une expressivité étonnante.

Cet opus est un joli roman graphique, il ravira les cinéphiles tout en leur donnant furieusement envie de redécouvrir sur la toile un artiste prodigieux.

C’est aussi un joli tour d’horizon du monde du show-biz des années 70 dans lequel on retrouve la troupe du café de la gare, Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille et bien d’autres.

Il ravive la nostalgie tout en rendant un sublime hommage à un comédien habité et génial.

Chronique de Stéphane Berducat

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