LA VENIN T2: Lame de fond

L’œil dans le viseur, chargeur plein et arme à la main…Emily continue sa cavalcade meurtrière sous les chapeaux de roues ou de sabots si je puis dire dans La Venin tome 2 signé Laurent Astier chez Rue de Sèvres. La gunfighteuse des hautes plaines va poser ses colts pacificateurs et valises dans la charmante ville de Galveston au Texas.

Exit les regards aguicheurs et tenues provocatrices du doux métier de prostituée exercé dans le Colorado. Emily rentre dans les ordres mais pas que. La belle trouvera la foi et deviendra religieuse dans l’église du charmant Père Allister Coyle, homme de Dieu et directeur d’un établissement pour jeunes filles abandonnées. Qui au passage en profite pour abuser de ses petites pensionnaires. Raison supplémentaire pour continuer de s’abattre sur les responsables de la mort de sa péripatéticienne de mère, dont Coyle faisait partie du temps l’association des cinq de Yales.

Pas de quartier, pas de pitié. Emily se montre impitoyable et n’épargne personne, elle fait pleuvoir le châtiment divin sur sa nouvelle victime de manière froide et expéditive. Elle devra affronter au passage une Lame de fond, mais sera soutenue par Coyote Vagabond. Apache et ange gardien de la pistoléroe. La traque de l’agence Pikerton n’est pas sans reste, les agents Siringo et Thorn sont toujours sur les traces de la demoiselle. La cowgirl doit mener une campagne vengeresse et de survie sans temps mort. Elle embarque dans sa chevauchée fantastique Claire, gamine qui en a vu des vertes et des pas mûres dans l’orphelinat de saint père Coyle.

Un bon western à la fois classique et contemporain au personnage central féminin fort. Tenant la dragée hautes aux cowboys les plus endurcis et distribuant les bastos comme des chocolats. Belle preuve de parité homme-femme et d’un féminisme assumé de la part de l’artiste, à une époque qui ne s’y prêtait guère envers la gente féminine dans l’Ouest sauvage. La poudre n’a pas encore fini de parler avec ce titre…

Toute la difficulté réside dans le fait que le western est un genre arrivé à saturation dans le franco-belge. Tout le monde pond son titre depuis quelques temps, mais Laurent Astier tire son épingle du jeu et sort du lot, pour nous gratifier d’une bande dessinée ardente avec des pelletées de péripéties, de dialogues justes et ciselés. Un travail remarquable et équilibré, rivalisant avec les grands feuilletonistes tels que Jean-Michel Charlier, Michel Greg pour les pionniers. Ou les plus récents Alejandro Jodorowsky et Xavier Dorison dans le domaine.

Pour le dessin, Laurent Astier rejoint les créateurs d’images les plus talentueux. Jean Giraud, Hermann en tête. Christian Rossi, François Boucq et Ralph Meyer, les nouveaux maîtres du genre sans pour autant être un copiste. Son trait est fin, élégant, fouillé servant des plans serrés et d’autres plus larges. Une grande palette technique déployée, couplée par des couleurs ocres et terreuses pour un rendu qui sent la poussière et la chaleur des grandes étendues américaines tout en étant éclatant. Plus simplement quand le cinémascope s’invite sur le papier.

Pour finir et me concernant, Emily a trouvé sa place aux côtés de Mike S, Red Dust, Jim, Bouncer et Jonas. Un top six western pour tout bon lecteur ou lectrice, curieux de lire les incontournables de la catégorie des poids lourds.

Chère Emily, donnons-nous rendez-vous dans l’Ohio pour le tome 3.

Chronique de Vincent Lapalus.

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