WORMWOOD T4-En route pour Washington

Après Frankie Goes To Hollywood, vient Wormwood goes to Washington de Ben Templesmith aux éditions Delcourt. Après une longue absence de quasiment une décennie, le petit ver solitaire démoniaque revient pour affronter sa menace la plus terrifiante, la plus ambitieuse limite audacieuse .
Et quelle mission…le capitalisme est partout, l’impérialisme ronge le pays des ados où tout est beau quand on mange du Mc Do et des territoires situés sur le globe un peu plus haut. Après une disparition assez discrète, Phébée et Pendule, la bodyguard et le droïde de combat, décident de partir à la recherche de Wormwood (larve immortelle vivant dans un globe oculaire, qui véhicule des corps de zombies pour se mélanger aux humains). Exilé dans une dimension parallèle, pour trouver un semblant
de béatitude. L’asticot conquérant repart à l’aventure pour faire face aux calamars, tentacules, et autres créatures démoniaques « lovecraftiennes » qui ont pris la tête de l’American Dream et du Pôle Nord suite au décès du vieillard à barbe distributeur de cadeaux pour les mioches. Lui ayant déjà donné beaucoup de fil à retordre dans les trois volumes précédents. Les fils spirituels et descendants de Cthulhu remettent le couvert à disperser par la contamination parasitaire, le modèle de pensée unique, le tout pour la colonie. Un système de marche ou crève de l’esprit libéral digne représentant du spiritisme de groupe des mollusques venus d’ailleurs mais proposer à échelle mondiale.
Idem pour la reprise et le redressement de la petite entreprise familiale du Papa Noël en mode impérialiste, avec des lutins traités pire que des esclaves. Belle vision d’un avenir radieux tout en cash et billets verts. N’ayez craintes, le lombric redresseur de torts va nous arranger tout ça avec punch et son sens de la répartie toujours aussi imparable. A l’aide d’un Abraham Lincoln ectoplasmique, équipé d’un vieux sexe flétri de républicain pour renverser le spore-géniteur à la tête du bureau ovale. La complicité
de Saturne, entité responsable à la base du marché de Noël ayant un penchant perverse pour les rennes, pour mener à bien le juste combat socialiste et démocrate pour instaurer un semblant de paix sur Terre.
Auteur complet du scénario jusqu’aux couleurs sur sa création Ben Templesmith se permet avec ce tome, une bonne grosse critique du système « ricain », lui l’australien
exilé aux Etats-Unis. Artiste qui appuie sur un gros furoncle, ça fait mal mais qui laisse à réfléchir.
Histoires menées avec dynamisme, humour de situation dans un univers tout-à-fait personnel surtout très décalé. Sujets abordés avec un esprit au vingt-troisième degré, une grande touche d’intelligence dans l’art et la manière d’être cocasse et efficace . Une lecture drôle, débridée et sans filtre.
Concernant la partie graphique. Le dessinateur entre dans la catégorie d’artistes tels que Bill Sienkiewicz, Dave McKean, David Mack et consorts. Cette famille d’illustrateurs qui a dynamité et fait péter toutes les barrières, codes graphiques imposés du comic-book américain mainstream et commercial. Avec un dessin au trait tout-à-fait personnel, au coup de crayon frénétique et énergique. A l’esquisse poussée jusqu’aux hauts niveaux de gris pour un modelé nuancé (concernant Templesmith), aux cases débordantes. Le tout magnifié à la peinture traditionnelle ou l’ordinateur pour obtenir des couleurs au rendu lumineux. Une prédominance certaine pour le vert, l’orange et la rouille.
Quand la bande dessinée croise l’Art, les fresques déferlent sur nos petits gaufriers. Toutes les techniques sont bonnes pour ses artisans iconoclastes de l’imprimé bon marché.
Le worm nous est revenu en grande forme.

Chronique de Vincent Lapalus

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