Miss Charity: T1-L’enfance de l’art

Il était une fois, un éditeur au doux nom de Rue de Sèvres. Celui-ci invita le talentueux scénariste Loïc Clément et l’illustratrice Anne Montel aux doigts de fées, pour réaliser l’adaptation du roman emblématique Miss Charity  de Marie-Aude Murail…. Il était une fois, une libraire, lectrice assidue, amoureuse de beaux objets, qui rencontra « LE » livre magique et en tomba éperdument amoureuse… C’est ainsi que débute cette fabuleuse histoire !

Anne Montel et Loïc Clément, je les suis depuis leur toute première bande dessinée  Shä et Salomé jour de pluie  éditée chez Gawsewitch. Ouvrage malheureusement épuisé aujourd’hui. Ce joli petit livre est sorti pile une année après qu’en 2010, Anne ait participé au concours des dessinateurs de demain, pour le festival Suisse, qui se tient chaque année à Lausanne, au mois de septembre, BDFIL. Cette année-là, j’ai eu la chance, entre autre, de faire partie du Jury. Sa planche, sur le thème des souvenirs d’enfance, m’a tapé dans l’œil dès le début des délibérations. A ce jour je n’ai qu’un seul regret, qu’elle ait terminé deuxième… Loin de moi l’idée que la charmante Maëlle Schaller, qui a remporté le premier prix, ne le méritait pas… un petit ex-æquo m’aurait juste bien plu !

Loïc est un conteur hors pair. Pour les plus petits ou les plus grands, il trouve toujours les mots justes pour raconter et nous toucher. Que ce soit les 11 titres qu’il a écrit pour Anne Montel ou ceux illustrés par d’autres remarquables dessinateurs, sa plume éclate de fantaisie et poésie. Souvent, ses histoires ont une part d’ombre,  Chroniques de l’île perdue aux éditions Soleil dans la collection Métamorphose,  Le temps des mitaines, deux volumes, dont le premier vient d’être réédité aux éditions Dargaud ou encore le très beau Le voleur de souhaits  des éditions Delcourt, sous le trait de Bertrand Gatignol. Il nous enchante également avec des récits plus sociaux.  Chaque jour Dracula  (Delcourt) sur le harcèlement scolaire,  Chaussette, toujours chez le même éditeur, qui parle de l’absence d’un être cher. C’est un auteur d’une grande sensibilité, à l’imagination débordante…

Miss Charity n’a pas été écrit par lui, mais faut bien le reconnaître, son adaptation est très réussie. Roman de près de 480 pages, il fallait trouver les bons mots pour ne passer à côté de rien. Charity, petite fille espiègle de la bonne société anglaise des années 1880, s’ennuie beaucoup lors de ses journées. Entre sa mère qui veut faire d’elle une fille de bonne famille, ainsi qu’une bonne chrétienne, elle l’envoie tous les dimanches à l’église et son père qui ne lui parle jamais, sauf par des mouvements de la tête, son existence est d’un immense ennuis ! Sa vie prend un nouveau sens le jour où elle rencontre une toute petite souris. Ne parlant qu’avec des adultes et encore, elle ne sait comment communiquer avec la petite bête. Depuis cet instant et cette rencontre, elle va se prendre d’amour pour toutes les petites bêtes qui gravitent autour d’elle. Souris, hérissons, oisillons et même escargots, suivront grenouilles et lapins. Tous vont entrer dans sa ménagerie de poche. Si cela ne plaît pas tellement à sa bonne Tabitha, celle-ci fait avec et lui trouve même de petites cages où les enfermer. Sa passion prend chaque jour, semaine, année de l’ampleur. La fillette finit même par retranscrire dans un carnet tout ce qu’elle découvre sur chacun de ses petits compagnons. Les années passent, son enthousiasme ne tarie pas. Elle s’épanouit et s’ouvre aux choses de la vie et aux autres personnes qui gravitent autour d’elle…. Ce premier tome ce termine sur l’année de ses 15 ans, il en suivra deux de plus !

Les personnages hauts en couleurs de cette histoire ont pris vie grâce à l’imagination graphique et à la main magique d’Anne Montel. Chacune des bandes dessinées, albums pour enfants ou romans qu’elle illustre, foisonnent d’une myriade d’éléments. Ce que j’aime, c’est qu’elle n’intègre pas de vraies cases dans les pages. Que ce soit de petits dessins ou des illustrations pleine pages, on ne peut clairement pas juste lire la page et passer à la suivante. Moi, je m’arrête sur chacune d’elles, je scrute tous les détails de haut en bas. Cela prend du temps, mais que c’est bon ! J’aime tout de ces deux artistes avec un grand A. Indéniablement, ce dernier livre est pour moi l’un des plus beaux que j’ai pu tenir dans mes mains. Vivement la suite !

Chronique de Nathalie Bétrix

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