Au revoir là-haut

 

Je suis ravi de vous présenter un album qui m’a fait une forte impression et qui fait l’unanimité.

Il s’intitule Au revoir, là-haut. Il est édité par Rue de Sèvres.

C’est l’adaptation d’un roman de Pierre Lemaître, un pavé de 567 pages qui a été couronné par de nombreux prix littéraires parmi lesquels le Goncourt en 2013. C’est un pavé remarquable salué pour sa puissance d’évocation.

L’auteur a accepté de transformer son récit, de le réduire pour en faire un album de bande dessinée. La partie graphique est assurée par Christian De Metter.

L’histoire démarre en 1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants, et les trafics les moins glorieux vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable qui a sauvé la vie d’Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque escroquerie à la nation aussi spectaculaire qu’amorale pour tenter de se projeter dans une vie nouvelle, ailleurs. Il va imaginer la commercialisation au rabais de monuments aux morts. Il n’a bien sûr aucune intention de les construire et donc encore moins de les livrer dans toutes les communes du pays.

Le scénario tient la route, le récit nous entraîne avec habileté. Le lecteur est tenu en haleine efficacement et les quelques planches défilent à toute vitesse. L’auteur a su conserver l’âme de l’histoire en supprimant tout le superflu. En ne retenant que quelques extraits du roman, il a réussi à le sublimer.

Il parvient avec talent à en faire un thriller sous tension lui permettant de souligner les lendemains qui déchantent et la tragédie d’une génération sacrifiée.

Coté dessin, la prestation est remarquable. Dans son style crayonné vif, Christian De Metter s’approprie l’univers de l’écrivain en donnant la primeur aux ambiances. Il délivre des pincées d’humour avec les masques de Péricourt. Ses couleurs passent du sombre au solaire, selon les teneurs des situations. Il y a de l’émotion, de la cruauté. Cette belle rencontre créative entre les deux auteurs ne devrait pas s’arrêter là puisqu’une création originale devrait voir le jour.

En attendant, je vous invite à vous procurer ce livre illustré car le résultat final est étonnant : à la hauteur de son dessinateur. L’album contient une très belle préface de Philippe Toretton dans laquelle il explique tout le bien qu’il pense de cet objet magnifique.

Bonne lecture.

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