Monument Amour t1

Cette semaine, place à un album qui a du chien !

Il s’intitule Monument amour et il est édité par Bamboo dans sa collection Grand angle.

Après leurs succès respectifs, l’ éditeur, Hervé Richez a eu l’excellente idée de réunir Didier Quella Guyot (auteur du fameux facteur pour femmes) et Arnaud Floc’h (créateur de la BD Emmett Till et scénariste du carrefour de l’étoile rouge) pour la conception de ce diptyque très inspiré et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a eu du flair.

Le tandem nous propose une histoire forte avec en toile de fond la première guerre mondiale.

Didier Quella Guyot a imaginé l’histoire d’un sculpteur un peu particulier. Il se nomme Camille Le Moall et c’est un solitaire. La compagnie de ses contemporains ne le passionne pas et on ne sait pas trop pourquoi . En 1917, alors qu’il est dans les tranchées, un obus explose près de lui. Il se retrouve enseveli. Heureusement un chien viendra le sortir des décombres. Lorsqu’il se réveille à l’hôpital, le roquet est à ses côtés. A partir de ce moment, ils vont s’apprivoiser et ne plus se quitter. Avec son don pour la sculpture et ce toutou salvateur, Camille échappe peu à peu à l’horreur du front et s’approche de la démobilisation. Alors que cet événement constitue une délivrance pour tous les soldats, elle ne l’est pas pour Camille et nous allons au fil des pages découvrir pourquoi.

Le scénariste nous propose un personnage torturé et dense poursuivi par un passé qui se dévoile peu à peu, et sur lequel on en apprendra sans doute davantage lors de la seconde partie prévue pour décembre. En attendant, il parvient à nous captiver avec une intrigue qui se met en place lentement. Il associe à ce personnage mutique un chien rédempteur et nous propose de redécouvrir l’utilisation faite par les hommes de son plus fidèle ami à quatre pattes lors des conflits et le résultat est assez intéressant. En traitant une fois de plus un sujet en marge du premier affrontement mondial, il nous rappelle combien ce cataclysme aura laissé des séquelles indélébiles sur les corps et les âmes.

Le dessin d’ Arnaud Floc’h pour cet album a été réalisé à l’encre de Chine appliquée à la plume et au pinceau. Brut et massif, il colle parfaitement à la sculpture et à sa technique. Racé, il évolue au fil du récit ce qui est assez plaisant à observer. Pour ses cabots, le dessinateur a pris pour modèle des braques. Particulièrement convaincants, ils sont aux antipodes des bergers allemands que l’on voit traditionnellement.

La prestation graphique surprend d’abord puis on se laisse séduire par des illustrations qui collent parfaitement à la narration. Singulière, elle constitue la bonne surprise de cet épisode que l’on referme en se posant beaucoup de questions et en espérant que la seconde partie sera à la hauteur de cette entrée en matière très réussie.

Je vous recommande particulièrement cette bande dessinée que j’ai particulièrement appréciée.

Bonne lecture.

 

 

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