Proies faciles

Je vous propose de découvrir un polar social intitulé Proies faciles.

C’est la dernière création de l’artiste Galicien Miguelanxo Prado et elle est éditée par Rue de Sèvres.

L’histoire nous entraîne en mars 2014 dans une Espagne déchirée par la crise. Le corps de Juan Rivas est retrouvé dans son appartement, sans trace de lutte ni mot de suicide. Très vite, d’autres cadavres font surface, six en seulement six jours. .

L’inspectrice Tabares et son adjoint, Sotillo, prennent en charge l’enquête et il devient rapidement évident que toutes les victimes évoluaient professionnellement dans le secteur bancaire.

Le temps presse et sur internet tout s’emballe, on commence à évoquer un mystérieux justicier de la banque dont les actes criminels chercheraient à reconstituer symboliquement l’organigramme type des grands établissements bancaires

Après 36 ans de carrière dans le domaine de la bande dessinée, l’auteur décidé depuis longtemps à s’essayer au polar est parti d’ un tragique fait divers entendu un matin à la radio pour créer ce one shot de 96 pages.

Après des recherches sur la crise immobilière Espagnole et ses conséquences désastreuses pour une partie non négligeable de la population, il a traduit sa colère en réalisant cette BD avec laquelle il essaie de secouer l’opinion. Il nous offre un album politique qui interroge sur notre société, un livre puissant dans lequel il est question d’éthique, de décence et de responsabilité de nos états.

Il signe un envoûtant mélange entre fiction et polar et il amorce même une réflexion sociale qui fait cogiter.

Il nous immerge aussi dans les coulisses d’une passionnante enquête policière qui nous aspire. Le récit est captivant et on a bien envie de poursuivre au delà en suivant pourquoi pas ses personnages principaux dans d’autres aventures.

Le dessin est totalement au service de la narration, les illustrations sont très épurées. L’artiste s’est interdit toutes fantaisies effectuant des choix graphiques pertinents : un dessin volontairement austère réalisé à l’encre de Chine, l’utilisation de la peinture acrylique au pinceau mais seulement du noir pour foncer et du blanc pour construire la lumière, un peu de matière posé sobrement sur un papier teinté gris.

Les personnages sont expressifs, le trait est frais et le résultat est splendide.

Avec cet excitant thriller qui constitue en plus un réquisitoire salutaire contre le cynisme ambiant, Miguelanxo Prado nous dévoile une nouvelle facette de son immense talent.

Je vous recommande particulièrement ce très bel album qui m’a fait une forte impression.

Bonne lecture.

Pour écouter le podcast sur Méga FM

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