La jeunesse de Staline: Sosso tome 1

A l’honneur aujourd’hui, la première partie d’un diptyque intitulé la jeunesse de Staline. Sous-titré Sosso, il est édité par les Arènes BD . C’est un album scénarisé à quatre mains par le romancier Arnaud Delalande et le journaliste Hubert Prolongeau. Il est illustré par Eric Liberge.

L’histoire nous renvoie à Moscou en 1931. Au cœur du Kremlin, Staline pour devancer ses détracteurs se décide à raconter les premières années de sa vie. Il dicte alors une terrible confession à un pauvre secrétaire du parti terrifié qui passait par là.

Il se livre comme jamais abordant tous les sujets: son enfance perturbé à Gori, son séjour au séminaire, ses hold-ups, les coups de force sanglants, ses premières grèves, la clandestinité mais également les prisons de Sibérie dont il parviendra à s’évader à plusieurs reprises.

Pour ce projet, les deux scénaristes s’appuient sur une documentation respectable, ils ont élaboré conjointement les grandes lignes de l’histoire puis ils ont rédigé ensemble le synopsis et ils se sont ensuite partagés les dialogues.

Avec cet opus, ils élaborent un album sans concessions, le Staline qu’ils nous décrivent est un homme charismatique et doué de nombreux talents. C’est un lecteur curieux et cultivé, un poète talentueux et un chanteur hors pair. Ils parviennent aussi à mettre en relief les facettes les plus sombres de ce personnage, son absence totale d’empathie, son ambition démesurée et ils réussissent à raconter comment un petit caïd des rues est devenu d’abord un chef de bande puis plus tard l’un des plus impitoyables dictateurs de l’histoire. Progressivement, nous assistons à la naissance d’un monstre, que ses parents et ses amis appelaient affectueusement Sosso.

Les auteurs signent une première partie rythmée qui s’ouvre de façon tonitruante sur une attaque de diligence qui se termine par un massacre. Dès les premières pages, ils nous embarquent dans un récit magnifiquement servi par un dessin puissant

Eric Liberge réalise une prestation graphique remarquée Elle apporte une énergie et un dynamisme qui impressionnent. Inspiré par le travail de Druillet, il réalise des planches dont le découpage explose les codes traditionnels, il déborde, il superpose. Pour les couleurs, le dessinateur utilise uniquement des tons directs jouant sur les nuances de gris et de rouge ce qui apporte un petit côté vintage qui rappelle judicieusement l’ambiance des affiches de l’époque.

C’est avec enthousiasme que je vous invite à découvrir ce premier tome séduisant et prometteur.

Bonne lecture.

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