Corps sonores

Focus sur le tout dernier album de Julie Maroh.

Artiste complète, on la connaît surtout pour sa première BD intitulée « le bleu est une couleur chaude » adaptée au cinéma avec le succès que l’on connaît par Abdelllatif Kechiche sous le nom « La vie d’Adèle » palme d’or au festival de Cannes 2013.

Elle nous revient avec un roman graphique en noir et blanc de 304 pages intitulé Corps sonores. Édite par Glénat, ce très bel objet est résolument destiné à un public adulte.

L’autrice situe son roman à Montréal une ville dont elle souligne l’ouverture d’esprit et la chaleur humaine omniprésente.

Dans cette cité cosmopolite comme partout ailleurs, les couples se font et se défont. Les individus s’attirent, se repoussent, dans une perpétuelle valse des corps. Des destins à la fois semblables et différents qui s’entrecroisent en fonction de leurs envies et de leurs passions.

À travers vingt et une nouvelles de bande dessinée, elle nous invite dans l’intimité de vrais gens, elle retrace avec eux les différentes étapes d’une relation amoureuse : les premiers flirts, les rendez-vous manqués, la vie sous le même toit, la rupture. Interrogeant les émotions, convoquant les sens, elle décrit les parcours de personnages criants de vérité. A leur contact, nous partageons l’excitation, les doutes, la tristesse, la joie, la honte, la colère.

Corps sonores est un ouvrage à la fois universel et résolument contemporain dans ce qu’il donne à voir de la réalité humaine.

Certaines histoires nous parlent bien sûr un peu plus que d’autres mais on s’y retrouve assez facilement.

Julie Maroh nous offre un opus engagé et militant qui ne séduira certes pas tout le monde mais on s’en fout un peu. On est ici très loin des supposées « normes » de genre et des stéréotypes physiques ou raciaux. Les couples qu’elle nous propose sont pluriels, homosexuels, hétérosexuels ou autres. Ils correspondent à une réalité dont on entend peu parler mais qui existe au milieu des autres et c’est bien que pour une fois il en soit question. La scénariste nous rappelle efficacement que chaque romance est particulière, que chacun fait ce qu’il veut et que l’amour se vit tout simplement.

La prestation graphique est intéressante, les dessins sont exécutés à la main.

La couverture souple qui représente un panorama de Montréal aquarellé est sublime. L’ensemble des illustrations est réalisé avec diverses nuances de gris tout en finesse.

Corps sonores est au final, un one shot riche qui mérite le détour pour la singularité du sujet, l’engagement de sa créatrice et ses dessins travaillés.

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