Les chiens de Pripyat

Je vous invite à partir à la découverte du dernier album d’Aurélien Ducoudray.  Après nous avoir régalés avec Amère Russie, interpellés avec l’anniversaire de Kim Jong Il et émus avec A coucher dehors, c’est avec un nouveau diptyque intitulé Les chiens de Pripyat que le prolifique scénariste contribue à l’actualité.
Dessiné par Christophe Alliel, édité par Grand Angle, ce premier épisode qui s’adresse à un public adulte  s’intitule Saint Christophe.
Pour ce récit, l’auteur nous renvoie quelques mois après la catastrophe de Tchernobyl  en 1986. C’est à 3 kilomètres de la centrale dans un village contaminé et évacué qui se nomme Pripyat que l’histoire se déroule. Il nous invite à suivre cinq individus qui acceptent de rentrer dans la zone contaminée pour y abattre les animaux  domestiques touchés par les radiations et qui depuis leur abandon vivent librement dans des villages fantômes. Leur motivation ;  l’argent car chacun des participants à l’expédition  empochera trente roubles par animal tué. Ce qu’ils ignorent,  c’est que chacun des chasseurs va vivre une aventure qui le transformera à tout jamais. Les principaux acteurs  ne sont pas des enfants de cœur, ce sont pour la plupart des hommes durs, violents, chahutés par la vie. Il y a parmi eux un père et son fils et le moins que l’on puisse dire c’est que leur relation est assez tendue.
Avec cet album, l’auteur fait ses premières armes dans le fantastique.  Il parvient à nous surprendre avec ce premier volume qui s’amorce sous les meilleurs auspices. Grâce à la lecture d’un livre d’une journaliste russe nobilisée en 2015, il a découvert le témoignage bouleversant d’un  ancien « nettoyeur» du no man’s land. Ces quelques pages ainsi que de conséquentes recherches sur la zone infectée  et en particulier sur l’ancienne cité enchantée du socialisme soviétique autrefois jeune, ultra moderne et dynamique lui ont  permis de trouver l’inspiration pour  démarrer une histoire qui nous bouscule. Il nous emmène au fil des pages à la rencontre des âmes perdues, abandonnées dans la lande irradiée introduisant lentement une dimension mystique et une teinte fantastique  qui passent très bien.
L’intrigue est habilement ficelée et le scénario tient ses promesses.
Côté illustration, on ne peut qu’apprécier le trait réaliste et photographique de Christophe Alliel. Très complémentaire, il accompagne efficacement la narration.  Il parvient  à créer un contraste saisissant entre des personnages animés et un décor figé ultra détaillé. Les couleurs choisies avec soin apportent une dimension post apocalyptique bien sentie.
L’ensemble est à l’image de la couverture engageant et très beau.
C’est sans réserve que je vous recommande cet opus  qui lorsqu’on le referme donne très envie de connaître la fin programmée en janvier  2018.
Pourvu qu’elle tienne toutes ses promesses !
Bonne lecture

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