Taï Dam traverser le Mékong

Avec Taï daim Traverser le Mékong, Joël Alessandra, le globe-trotter au grand cœur signe un message d’amour à la fois puissant, touchant qui nous entraîne dans un voyage intimiste et exotique.

Il rapporte le retour aux sources de son amoureuse laotienne Marijah Bac Cam, qui jadis a fui son pays en pleine guerre du Vietnam pour débarquer à l’âge de 18 mois en France, où elle a grandi avant de devenir cette artiste pluridisciplinaire talentueuse qui expose aujourd’hui à travers le monde.

Ce projet séduisant et introspectif conte comment la compagne du créateur qui est originaire de l’ethnie Taï Dam est allée, la quarantaine passée, au-devant de ses origines, après avoir reçu la visite de ses ancêtres. L’auteur, témoin de ce cheminement personnel a encouragé et facilité ce départ, soutenu celle qui partage sa vie en l’aidant à soulever toutes les barrières, à dépasser toutes les appréhensions et notamment la peur de ne pouvoir communiquer mais aussi d’être une étrangère dans son propre pays.

C’est une expédition laborieusement préparée ponctuée par deux rencontres marquantes, la première avec la famille maternelle et la seconde avec les parents du côté paternel.

C’est un roman graphique dans lequel la spiritualité et les émotions ont une forte place mais qui va à l’essentiel. Il contient des flashbacks qui permettent de contextualiser, d’expliquer sans être pesants.

Dans ce one shot édité par Steinkis, le bédéiste compose un mélange graphique  heureux qui associe planches de bd, des extraits de plusieurs carnets de voyage et des peintures abstraites habitées et oniriques. C’est au final une composition heureuse, très singulière, une lecture qui respire le savoir-faire, l’authenticité et la sensibilité. On y retrouve le dessin de terrain séduisant et les couleurs à l’aquarelle et au café qui sont la marque de fabrique d’un illustrateur habile.

C’est aussi et avant tout un voyage avec un aboutissement et un rythme lent et latent dans lequel la contemplation a une large place. On y appréciera le soin apporté aux paysages, à l’architecture et aux vastes étendues de vert.

Taï dam Traverser le Mékong, c’est une entreprise qui ressemble à Joël Alessandra.  Elle est profondément humaine, généreuse et tendre et elle permet de surcroît aux lecteurs de passer un excellent moment.

Chronique de Stéphane Berducat

© Steinkis, 2022.

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