Les vies dansent

Les éditions de la gouttière ont imaginé la collection Do, Ré, Mi Chat, un concept innovant et pertinent pour faciliter l’accès des plus petits à la musique classique. Après l’agréable Billy Symphony de David Périmony et le foudroyant À l’Unisson de Dawid et Delphine Cuveelee, ils proposent désormais « Les vies dansent » un spectacle vidéo que l’on peut à la fois lire et entendre grâce à un simple code-barres inséré dans un petit album séduisant et coloré qui fera le bonheur des enfants de 5 ans et plus.

L’éditeur poursuit sa collaboration avec l’Orchestre de Picardie dirigé par Arie Van Beek et c’est assez réussi. L’idée initiale du directeur Pierre Brouchoud était excellente et il est fort à parier que d’autres projets sont en cours de développement.

Avec ce titre, ils offrent aux jeunes lecteurs l’outil parfait pour découvrir la septième symphonie de Ludwig Van Beethoven l’incontournable compositeur, pianiste et chef d’orchestre allemand.

Dominique Zay a écouté maintes fois cette symphonie grandiose et passionnante qui lui inspira cette histoire touchante. Elle est découpée en quatre morceaux comme l’est cette prestigieuse œuvre musicale. En respectant un timecode impitoyable, il nous conte le destin de deux fillettes en apparence très différentes que la vie va pourtant réunir. Elles ont en commun d’être passionnées. Louna est une jeune musicienne assez solitaire, une flûtiste douée tandis que Satou est une orpheline éveillée et dynamique qui évolue dans l’espace avec grâce et volupté. Le scénariste va organiser cette rencontre avec en toile de fond un décor maritime somptueux et une Bande Originale exceptionnelle.

Dès le début, il nous invite à prendre de la hauteur et nous entraîne habilement au plus près de ses deux héroïnes. Il nous présente leur environnement et les faits qui les amèneront à se côtoyer de très près.

C’est un récit aérien et poétique que nous offre l’auteur, une création dans laquelle les sentiments priment sur toute autre considération. Il est question d’amour, de partage et de tolérance.

Le script est mis en cases par Damien Cuvillier. L’artiste utilise un dessin réaliste léger, doux, qui accorde une belle place à l’énergie, à l’expressivité et met au cœur du livre dessiné les émotions, celles que peuvent susciter l’écoute d’une musique, la vue d’un spectacle….

Sa reproduction d’un orchestre en mouvement est tout simplement magique, elle témoigne d’une observation fine et attentive.

Les cases sans contours marqués, l’alternance des ambiances et les sublimes couleurs d’Anne-Claire Giraudet contribuent à lisibilité et au pouvoir d’attraction de l’objet que l’on ne peut s’empêcher de parcourir et de dévorer.

Avec Les vies dansent, la preuve est encore faite que le quatrième et le neuvième art s’acoquinent à merveille. Les bédéistes s’en sortent aisément malgré les nombreuses contraintes inhérentes à l’exercice.

À l’image de ceux qui l’ont précédé, l’opus est adapté et bien conçu, impeccable pour une exploitation pédagogique relative à l’orchestre et aux instruments qui le composent mais aussi pour susciter des envies, éveiller les sens et surtout passer un excellent moment ce qui reste vous en conviendrez l’essentiel.

Chronique de Stéphane Berducat.

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