GEORGE BEST Twist and shoot

George Best n’était pas uniquement un footballeur d’exception ou une icône médiatique, c’était un diamant brut, une personnalité qui ne laissait personne indifférent. Pendant de nombreuses années ses aventures sur le terrain et en dehors ont bercé toute une génération et accompagné des transformations sociétales majeures.

Comme The Beatles, l’homme est indissociable d’un pays et d’une ville dont il est devenu un symbole, un emblème. C’est à ce titre qu’il a contribué à l’effervescence d’une époque où tout semblait possible.

Originaire d’Irlande du Nord, l’étoile du football mondial a fait les beaux jours de Manchester United, un club unique au palmarès prestigieux dont il a écrit certaines des plus belles pages. Il était également célèbre pour ses frasques, ses excès, les fêtes, l’alcool mais aussi les conquêtes féminines qu’il collectionnait et pourtant bien des années après on se souvient surtout de ses performances incroyables, de sa détermination, de son charisme fou et de ses fameuses punchlines. C’était un précurseur capable du meilleur comme du pire, ce qui le rendait finalement à la fois extraordinaire et terriblement humain.

Dans George Best : Twist and shoot édité par Delcourt dans son ambitieuse collection Coup de tête, Kris est parti du roman du journaliste Vincent Duluc intitulé « le cinquième Beatles » et il a ajouté son savoir-faire afin que le lecteur en près de 80 planches puisse redécouvrir ce surdoué du ballon rond. Son talent était indiscutablement hors normes et avec ce joli one shot très bien ficelé et sans temps mort l’auteur offre un bel hommage à ce footballeur génial.

Il signe un portrait qui met en relief des qualités athlétiques rares, un magnétisme étonnant mais aussi un tempérament intrépide, ingérable, provocateur, insolent et vif.

Dans ce récit, la passion, la tendresse et l’amour transpirent. Le biopic est clair, fidèle et convaincant. On y appréciera le parti pris d’un scénariste exigeant, méthodique et soucieux de ne pas sombrer dans un sensationnalisme facile.

Côté dessin, Florent Calvez signe une prestation graphique old school de toute beauté. Il ravive la nostalgie en donnant une âme aux lieux et aux stades dans lesquels l’action se déroule. Grâce à de nombreuses recherches, il nous transporte dans des décors travaillés et réalistes dont il se dégage une patine vintage du plus bel effet. Ce qui est le plus bluffant, c’est son habileté pour reproduire les attitudes singulières de l’avant-centre et ailier dont il se détachait une certaine assurance, un sex appeal, une grâce unique et un sens du dribble dont se rappellent encore ceux qui ont eu la chance de le voir évoluer mais aussi ses malheureux adversaires.

George Best Twist and shoot est une parenthèse musicale et sportive absolument délicieuse, un opus lumineux et optimiste consacré à un mythe, une pop star qui marqua à jamais les esprits et l’histoire de sa discipline.

Chronique de Stéphane Berducat.

© Editions Delcourt, 2022.

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