Jim Hawkins

Jim Hawkins c’est une trilogie de Sébastien Vastra éditée par Ankama, une saga d’aventures convaincante et captivante inspirée par Le cultissime roman de Robert Louis Stevenson « L’île au trésor ».

Beaucoup se sont essayés à l’adaptation de ce livre iconique sur les pirates mais peu ont réussi à composer une œuvre de ce niveau. Les adaptations sont assez inégales et couvrent de nombreux domaines, jeux vidéo, films, séries télévisées….

Celle-ci résulte d’un véritable coup de cœur, d’une longue maturation. Elle apporte un souffle nouveau, rafraichissant à une lecture classique incontournable.

Le bédéiste a eu le génie de se concentrer sur l’essentiel, il n’a pas cédé à la tentation facile de sublimer ou rajouter des couches. Il a simplifié, élagué offrant une porte d’entrée pertinente sur un récit épique remarquable. Sa réalisation convient aussi bien à des enfants de 10 ans qui lisent parfaitement (le langage étant initialement soutenu) qu’à des adolescents, jeunes adultes et bédéphiles confirmés. Il comprend divers niveaux de lecture, les plus jeunes se plongeront dans une grande expédition maritime avec des pirates, une chasse au trésor passionnante. Les plus grands y découvriront la quête initiatique d’un garçon courageux qui va se confronter à la violence, la trahison et la mort et qui reviendra transformé à jamais.

Après un premier volet forcément un peu verbeux, le lecteur est littéralement aspiré par une narration addictive et plaisante. On ressent les émotions d’un personnage qui évolue graphiquement et auquel on s’attache inéluctablement.

L’artiste qui a été très marqué, c’est facilement perceptible par les séries « Garulfo », « De cape et de crocs » et « Le vent dans les saules » a très rapidement décidé de composer des personnages anthropomorphes.

Passionné depuis son plus jeune âge par l’animalier, il excelle pour composer des animaux crédibles, des acteurs aux proportions parfaitement calquées sur celles de l’humain, dont les caractéristiques coïncident brillamment avec leur comportement. Les choix sont toujours judicieux.

Ainsi Jim, le lionceau a tous les attributs du héros, il est habile et c’est un carnivore courageux. Quant à Silver c’est un gorille, une force tranquille, puissante mais non agressive. Et que dire de ce fascinant zèbre aux motifs maori ?

L’auteur complet exploite à merveille leur potentiel graphique et esthétique. Il met en scène ses personnages avec brio offrant des cases ahurissantes et un découpage varié à la fois riche et dynamique.

Ses planches sont un régal visuel, une merveille !

Ce succès, il le doit aussi à une technique hybride, un savant mélange. Le bédéiste travaille en traditionnel, il encre ses planches à l’encre de chine auquel il ajoute un lavis aquarellé gris sépia ce qui apporte des effets de matière à ses originaux monochromes. Il scanne alors le rendu auquel il ajoute avec la coloriste Pop qui l’a rejoint depuis le second volet de belles couleurs numériques. Ce modus operandi mixte est une belle idée qui tient toutes ses promesses.

Jim Hawkins c’est une galerie de personnages incroyable, un divertissement palpitant, une fresque généreuse dont on se souvient longtemps et dont se prend rapidement à rêver d’une suite avec un Jim plus âgé et ambitieux…..

Chronique de Stéphane Berducat.

©Ankama, 2021.

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