CEMETARY BEACH

Aujourd’hui faites place à une chronique rapide et légère ! Je vais vous parler de Cemetery Beach, un album au scénario speed de Warren Ellis avec une partie graphique qui l’est tout autant. Elle est entièrement gérée du dessin jusqu’à la colorisation par Jason Howard. Cette expédition survitaminée est proposée par les éditions Urban Comics.

Michael Blackburn pense qu’il exerce le plus beau métier du monde. C’est un employé modèle et sans attaches qui a perdu toute sa famille ainsi que ses deux dernières conquêtes dans des circonstances abominables. Mike est l’agent idéal pour être envoyé par les dirigeants de la Terre afin d’observer les gouvernements mis en place sur des exoplanètes colonisées.

Mike adore son boulot mais il est un chouia poissard. Lors de son inspection sur une contrée dont on ne connaît pas le nom (et dont on se fout d’ailleurs…), il est aussitôt capturé et torturé. Les personnes à la tête de l’état lui font passer un interrogatoire salé et comprennent l’objet de sa mission. Les puissants de ce monde espèrent conserver le pouvoir. Ils ne veulent pas voir débarquer leurs supérieurs terrestres, c’est pourquoi ils envisagent de se débarrasser de leur encombrant émissaire.

Blackburn file à l’anglaise afin de rendre son rapport sur ce terrain hostile. Ni une ni deux, ce kamikaze prend d’assaut le bloc de détention dans lequel il est retenu et s’évade. Mike bénéficie de l’aide de Grace Moody. Une autochtone qui le reconduit jusqu’à son point d’arrivée, un lieu que les habitants appellent la Mer Cimetière.

Bien équipés, nos deux loustics possèdent des armes pour raser des villes entières. Ils sont partis pour une course-poursuite explosive assaisonnée d’une pincée d’humour et d’action garantie non-stop. Mike et Grace traverseront une pelletée de blocs craignos pour arriver à destination. Mais le bedonnant président Barrow ne l’entend pas de cette oreille et il envoie toute sa flotte afin de contrecarrer nos deux Laurel et Hardy de l’espace.

Blackburn et Moody deviennent des as du « nettoyage » et de la destruction massive à grande échelle. Il faut reconnaître que notre charmant duo ne passe pas inaperçu. C’est un vrai carnage, nous les suivons à la trace avec la montagne de cadavres et la dévastation qu’ils laissent dans leur sillage. Ils ont pour mission de rejoindre une capsule quitte à mettre ces frontières inhospitalières à feu et à sang.

Je préfère vous prévenir de suite que cette série n’est pas la plus fouillée de Warren Ellis. Ce scénario n’est qu’un prétexte à fournir un volume unique qui défile tambour battant. L’auteur aborde la science-fiction avec toujours en toile de fond le transhumanisme et la géopolitique qu’il associe à une surdose de fun. Ces thèmes lui sont chers et Ellis les exploite de manière plus décomplexée dans la narration que dans ses dernières productions telles que Trees ou Injection, des ouvrages nettement plus raffinés et élaborés. Nous pouvons considérer Cemetery Beach comme un exercice de style plus relâché. L’histoire pénètre le cerveau du lecteur avec un grand shoot d’adrénaline qui l’entraîne dans une aventure à fond les ballons.

Jason Howard assure la mise en page avec adresse. Ce pain de C4 visuel suit un script qui dépasse le mur du son pour accoucher d’une imagerie jetée sur le papier avec le même esprit. Le trait et le découpage sont aussi aiguisés qu’un chargeur de balles perforantes. L’encrage poussiéreux sent les relents de poudre à canon et les nuances respirent les retombées de plomb. En bref, la représentation se veut corsée et sans chichi. Le dessin est pratiqué avec frénésie et extravagance du début à la fin.

Cemetery Beach est le titre aux éditions Urban Comics qui déménage. Quelque peu irrévérencieux et étalé sur 160 pages, il risque de vous en foutre plein la gueule. Cette excursion complètement folle se décline en one-shot. Elle évite toute prise de tête, c’est un spectacle innovant et amusant qui vous remuera dans tous les sens. 

Chronique de Vincent Lapalus.

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