BULLY WARS

Ha ! Ces instants magiques où les parents accompagnent leurs enfants à l’école élémentaire, comme c’est touchant ! Quand ces charmants bambins arrivent au stade de l’adolescence, ils font leur entrée en enseignement secondaire comme des grands. Ils deviennent indépendants et tout est différent pour eux. Une fois le portail franchi, l’établissement se transforme en véritable zone de guerre où tous les coups sont permis. Skottie Young, Aaron Conley et Jean-François Beaulieu explorent le thème du harcèlement scolaire avec beaucoup d’humour dans Bully Wars aux éditions Urban Kids, les jeun’s ne se font pas de cadeaux et on va bien s’marrer !

Spencer le binoclard et geek invétéré fait sa rentrée au lycée de Rottenville. Il est accompagné de sa bande de potes, les jumeaux Edith et Ernie. La jeune fille est très impulsive et forte en gueule tandis que son frère est plutôt mou du bulbe, ce bec à foin est équipé d’un cerveau lent. Ce trio atypique fonctionne plutôt bien, l’amitié est solide entre les noobs. Mais c’est sans compter sur la présence de Rufus, le sadique qui leur fait la misère depuis la maternelle. Cette première journée scolaire sera une catastrophe pour lui. Son statut de mâle alpha change lorsqu’il rencontrera Hock, la terreur des couloirs. Le p’tit sauvageon va ramasser sévère à peine arrivé. Sa fierté va en prendre un sacré coup et il n’est pas dans les habitudes de Rufus de passer pour le baltringue de service.

Rufus ne veut pas lâcher le morceau et pour redorer son blason, il décide de concourir à la guerre des brutes. L’événement est organisé par le coach sportif Hurt mais sur invitation bien sûr. Il se déroule dans l’ancien collège désaffecté de la ville. Les participants déjoueront une multitude de pièges posés dans le bâtiment, un seul grand vainqueur doit ressortir le trophée à la main pour être sacré champion de l’année et régner en maître sur le destin des teubés.

La liste des concurrents est longue, les ennemis que Rufus devra affronter sont légion. Il y a Katie Krush la cogneuse, Nom Nom une véritable gloutonne sur pattes, Karl « Pain de Maïs » le bouseux, Gil Gorey le Frankenstein moderne, Ronnie « Ripper » Rippleston le mécanicien métalleux et pour finir Hock le Terminator. La petite racaille des bacs à sable ne peut pas y arriver seule. Elle décide néanmoins de passer un marché avec les losers de la cour de récré, ou comment une bande de nerds au grand complet va prendre les armes et échafauder un plan pour que leur bourreau devienne le boss du bahut. Le tortionnaire et les victimes devront faire équipe afin d’éviter pire que ce qu’ils ont déjà vécu jusqu’à présent.

Disons-le tout de suite, Skottie Young se lâche complètement avec ce comic-book au même titre que I Hate Fairyland. L’auteur fait de nouveau dans le potache, il réussit l’exploit de traiter un sujet grave mais d’une manière qui se révèle pédagogique et militante. L’histoire est à la fois drôle et ludique, Young invente une buddy story qui se situe à l’encontre de High School Musical où tout le monde est beau et gentil. Le scénariste s’attache à souligner le caractère comique, ridicule, absurde ou insolite de certains aspects de cette dure réalité. Son seul et unique but est de faire rire et divertir le lectorat afin de lui permettre de prendre un certain recul pour mieux le sensibiliser.

Aaron Conley, tout comme Jorge Corona sur Middlewest, se fond dans le même moule artistique que Skottie Young dessinateur. Il emploie un style jeunesse qui ne manque pas de mordant et de peps, son crayonné allie un trait exagéré avec des formes « cartoony ». L’illustrateur s’éclate et accorde de l’importance au design ainsi qu’aux proportions des personnages. Cela passe par le look, les tronches rigolotes, des coupes de cheveux improbables, des oreilles décollées et des lunettes surdimensionnées etc… Le découpage survitaminé est constitué de cases et de pages aux formes diverses pour proposer une déferlante pétillante et vivante. Jean-François Beaulieu accompagne le tout avec des couleurs vives et percutantes. Sa gamme de nuances est un pur délice sucré, elle frise l’hyperglycémie de pigmentation. On se croirait tout simplement dans un magasin de friandises très coloré, c’est un graphisme mimi tout plein.

Avec Bully Wars, les éditions Urban Kids traduisent une aventure aussi croustillante qu’une barre chocolatée délicieusement caramélisée. Ce désopilant one-shot rappelle la délirante série télévisée Parker Lewis ne perd jamais. Me concernant, une lecture de ce type, j’en redemande volontiers.

Chronique de Vincent Lapalus.

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