GANNIBAL T2

La suite des tribulations dans la petite ville Kuge ne se fait pas trop attendre avec la parution du tome deux de Gannibal par Masaaki Ninomiya aux éditions Meian.

Dans le volume précédent, le policier Daigo Agawa a eu la malchance de faire la rencontre d’un homme dénommé « Lui ». Ce curieux ermite agresse l’agent de police et lui fracasse le crâne dans la forêt avant de jeter sa dépouille encore fumante dans la rivière. Sa femme Yuki reçoit la visite à domicile des jeunes du clan Gotô. Daigo s’en sortira vivant avec une belle cicatrice sur le front et une sérieuse migraine. Le tête-à-tête entre sa femme et les consanguins ne bascule pas au tragique ni dans le « viol-ent », bien au contraire. L’agent se réveille à l’hôpital en compagnie de son épouse et sa fille.

Mais le flic toujours aussi méfiant commence à se poser de sérieuses questions. A-t-il bien fait de vouloir se mettre au vert dans ce village perdu au fin fond des montagnes ? Comment peut-il gérer le mutisme de sa fille dont il est directement responsable ? Cas de conscience et flashbacks. Nous découvrirons un homme qui pouvait au départ paraître un brin naïf, insouciant dans ses ambitions professionnelles et à cent lieues d’une vie trépidante. Il n’en est rien. Cinq mois auparavant en métropole, ce flic a eu affaire à un pédocriminel et voisin très attiré par sa fillette Mashiro. Toute cette affaire finit dans le sang et les larmes. Daigo tua le pédophile sous les yeux de sa gosse, ce qui provoqua le mutisme complet de la petite. Agawa n’est en réalité rien de moins qu’un homme brisé par un métier qui le ronge de l’intérieur. Il n’a d’autre alternative que de demander sa mutation dans un endroit calme pour maintenir le lien familial. Un gardien de la paix prêt à exploser qui enquête sur une famille douteuse, entouré par le reste des villageois qui font tout pour le maintenir à l’écart. L’étau se resserre avec ce mot énigmatique « Fuyez », gravé sur un cadre de porte par son prédécesseur Kano …

Ce récit horrifique gagne en dimension sous la plume de Masaaki Ninomiya. L’auteur oppresse son lectorat avec une histoire de plus en plus suffocante mais nuancée. Les personnages évoluent et gagnent en profondeur. Les évènements se succèdent à un rythme endiablé. L’intrigue se complexifie et le danger peut finalement surgir de n’importe où. Il persiste ce petit goût de reviens-y afin de connaître les ramifications futures de cette fable furieusement sinistre, au concept à la fois agressif et racoleur.

Pour la partie graphique, l’artiste met l’accent et mise tout sur l’expressivité de ses personnages comme dans le premier volume. Les cadrages sont minimalistes et resserrés. Les gros plans rendent justice à ces faciès très singuliers et terrifiants. La mise en page qui provoque le malaise, elle, est soutenue par un crayonné choc afin de garder le ton volontiers provocateur de la série.

En conclusion, cette suite de Gannibal suscite toujours autant d’intérêt. La magie opère grâce à cette atmosphère suintante et spéciale qui fait mouche à tous les coups. Il n’y a plus qu’à attendre un troisième volume qui sera je l’espère, explosif et riche en rebondissements.

Chronique de Vincent Lapalus.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Je pense que je finir par céder aux appels de cette série.

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