Inhumain

Dès les premières pages je me suis laissée emportée, telle une étoile filante, dans les abymes de cet univers infini ! Voilà le retour en force tant attendu d’un duo de scénaristes talentueux. Valérie Mangin et Denis Bajram, accompagnés pour ce one shot détonant intitulé Inhumain, par le dessinateur Thibaud de Rochebrune. Depuis la publication, en 1988, du premier volet de la série La guerre éternelle des auteurs Marvano et Joe W.Haldeman, il ne me semble pas que les éditions Dupuis et leur collection Aire Libre, n’aient retenté une incursion dans le domaine de la science-fiction ! Ils ont été bien inspirés car ce titre est une parfaite réussite.

Un vaisseau spatial se retrouve en approche d’un astre inconnu. Le capitaine et son équipage ont un comportement anormal, ce qui met en alerte Ellis l’androïde qui les assiste. Ils ont tous l’air de planer et le commandant est persuadé qu’ils ont atteint le but final de leur mission. Par un phénomène inattendu, l’engin part à la dérive et se retrouve plongé dans une étendue d’eau. En quelques instants, il se retrouve encerclé d’énormes céphalopodes. L’aéronef se disloque sous la pression de ces animaux insolites. Nos astronautes ont juste le temps de s’équiper et de sortir avant sa destruction. Entouré de ces curieuses bestioles, ils arrivent malgré tout à atteindre la surface et se retrouvent sur une surprenante planète. Tous sont saufs, à l’exception du pilote. Viennent alors à leur rencontre d’invraisemblables autochtones. S’ils ne présentent pas d’agressivité, leur comportement est quand même déroutant !

Ce peuple qui parle la même langue qu’eux, paraît comme hypnotisé. A peine arrivés, on les force à ingurgiter une drôle de masse végétale et très vite on leur annonce qu’il est l’heure de se coucher. Silencieux, ils n’apprendront que peu de choses sur ces villageois. Ils s’affirment comme le peuple de l’eau et tout est dicté par le « grand tout ». Le lendemain, ils découvrent que cette île paradisiaque abrite d’effrayants secrets. Au fur et à mesure de son exploration, tout ne se dévoile pas aussi merveilleux. Un des équipiers se retrouve étrangement envoûté et veut adhérer à ce peuple fantasque et à leurs mœurs déconcertantes. A la nuit tombée, lorsque les autres partent se coucher, Ellis repère un homme qui se dirige vers un monticule rocheux. L’androïde le suit et le surprend à se retrancher dans une étroite crevasse et y disparaître. Au petit matin, elle leur annonce ce qu’elle a découvert. Le soir suivant, tous se mettent en route pour découvrir ce qui se dissimule dans les sous-sols. L’expédition va les conduire vers d’autres protagonistes et les amener à se perdre dans les circuits de ce gigantesque astéroïde…

Denis Bajram, n’est pas à sa première incursion dans le genre SF. On le connaît pour les sagas Universal war one et Universal war two qu’il accomplit seul. Valérie Mangin quant à elle, si elle explore plutôt depuis un certain temps des périples historiques, comme les onze volumes d’Alix Sénator, a également contribué à l’Expérience mort avec Bajram et scénarisé l’adaptation du roman de Stefan Wul Rayons pour sidar édité chez Ankama. Pour ma part, de ce que j’ai pu lire de ces deux artistes, j’ai un petit faible pour la trilogie Abymes, qui se distingue dans la même collection qu’Inhumain. Trois histoires qui se déclinent autour de l’écrivain Balzac. Original et intrigant. Si on ne parle pas du tout de la même chose dans leur dernière réalisation, j’y ai retrouvé cette fabuleuse expérience scénaristique. Thibaud de Rochebrune, après avoir illustré les deux parties de la série Michel-Ange aux éditions Glénat, a participé au numéro 26 de La geste des chevaliers dragons et en 2019 au story-board du tome 1 d’Assassin’s creed : Bloodstone publié par Les Deux Royaumes.

Je ne suis pas spécialement une grande adepte de la bande dessinée de science-fiction et pour me pousser à sa lecture, il faut sortir de bons arguments. Avec ce récit, je me suis tout de suite sentie happée et le dénouement m’a captivée du début à la fin. C’est à la fois élaboré et attrayant et je souhaite comprendre pourquoi chaque passager de la navette va, lors de sa rencontre avec ces peuples, ne plus vouloir les quitter. Quatre entités, celle de l’eau, de l’air, du feu et de la terre forment une symbiose qui permet à cette planète d’exister ! A la fin, il ne restera que la machine, Ellis, qui elle sera la seule à ne pas avoir été influencée par ces êtres qui occupent les multiples méandres de ce territoire. Arrivera-t-elle à sauver ses camarades et à fuir avec eux ? Devra-t-elle trouver un accord avec ces inhabituels octopodes qui régissent ce domaine ? La mission de cette dernière ne sera pas des plus simples, mais la fidélité qu’elle porte à son chef et à ses congénères, lui fera prendre la meilleure décision !

Est-il possible de tout recommencer et de faire d’une planète inconnue un monde meilleur ? Pensez-vous que l’être humain a les capacités de se reprendre en main et de faire mieux si on lui offre une seconde chance ? Vous le découvrirez à la lecture de cet album abouti et percutant, construit par trois artistes d’exception, qui y ont mis tous leurs rêves, espoirs et talents !

Chronique Nathalie Bétrix

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s