C’était mieux avant

Mais oui, « C’était mieux avant ». Voilà un titre accrocheur et qui claque ! Pour son cinquième opus aux Éditions Rue de Sèvres, dans cette petite collection presque carrée et bien colorée, Soledad Bravi, accompagnée d’Hervé Eparvier, a trouvé de quoi éveiller ma curiosité.

Depuis 2012, Soledad Bravi tient sa propre page dans la revue Elle. En sont tirées cinq bandes dessinées de compilation  La BD de Soledad. Elle écrit ou illustre également un grand nombre de recueils et de romans pour les enfants. Hervé Eparvier, quant à lui, navigue entre des écrits pour la télévision et la littérature jeunesse.

À la sortie en 2015 du premier livre de l’autrice  L’Iliade et l’Odyssée, j’ai tout de suite été séduise par ces petits bouquins qui abordent divers sujets de façon simple et sans chichi ! Avec les deux suivants  Avez-vous lu, elle collabore avec Pascal Frey. J’ai pu y survoler, sans me prendre la tête, plus d’une quarantaine de classiques de la littérature française ou étrangère. Elle n’a pas son pareil, pour décrire en quatre cases et sur quelques pages, tout ce qu’il faut retenir de chaque roman. Très peu de texte, une illustration des plus explicites et le tour est joué. Un dessin minimaliste drôle et très expressif. Le titre  Pourquoi y- a-t’il des inégalités entre les hommes et les femmes?, est une vraie révélation. Sorti début 2018, en plein mouvement #MeToo et au début des grandes manifestations féministes, il a incontestablement trouvé sa place au milieu des nombreux ouvrages publiés sur le sujet. Soledad Bravi et Dorothée Werner, ont su démontrer avec simplicité, qu’à travers les âges, de la préhistoire à nos jours, la femme a souvent avancé, à petits pas il va s’en dire, mais qu’elle s’est toujours retrouvée confrontée à des « obstacles » qui l’on forcée à reculer…

Pour  C’était mieux avant  pas besoin de me rendre si loin dans le passé ! Il me suffit de fermer les yeux, d’être à nouveau une petite fille et de me laisser submerger par les souvenirs qui jaillissent à chacune des pages. Si vous êtes nés dans les années 60, tout ça va vous parler. A la lecture de cette petite bande dessinée, j’ai été étonnée de constater comme nos références peuvent être les mêmes. J’avais déjà ressenti cela en lisant des deux tomes de l’auteure Suisse, Hélène Becquelin Adieu les enfants aux éditions Antipodes. Elle y retrace son enfance au côté de son frère et de sa sœur. Là, déjà, j’ai eu cette drôle d’impression de faire partie de la famille. Les deux auteurs retracent, quant à eux, leurs premiers jeux, les émissions télévisées qu’ils regardaient, les cadeaux reçus ou souhaités à Noël, en passant par ces horribles fringues, qui piquent et démangent … Un délice!

Tout cela me mène à me rappeler de mes patins à roulettes bleu et orange. Les tricotins, pompons ou scoubidous que je fabriquais. Je me revois vautrée sur le tapis du salon (je déteste les tapis à présent), à regarder la TV en noir et blanc, puis en couleurs et souhaiter que cette fois, ce soit ma sœur qui se lève pour changer de chaîne. Puis je me souviens de mes 45 et 33 tours que je passais en boucle dès que je le pouvais et les supers compiles que j’enregistrais sur cassettes et que j’écoutais avec mon baladeur en faisant du roller… Les repas familiaux, le dimanche, qui, oui, commençaient à midi et n’en finissaient pas de durer. C’est vrai, à cette époque, je regardais des émissions de variété, de vieux westerns ou des pièces de théâtre comique et tout ça se faisait en famille… Aujourd’hui, il faut bien le dire, on est un peu tous les uns à côté des autres et de toute façon je ne regarde, presque plus la télévision. La déco était kitsch, les fringues de couleurs et de formes improbables, on jouait à l’élastique, au spirographe (tu sais toi ce que c’est ?) ou à l’ardoise magique. Quand je repense à tout ça, je me dis que ma vie en ce temps-là était moins compliquée que celle de mes enfants, plus ludique et rigolote … Pour terminer, ce qui m’a particulièrement émue, c’est la double page où les auteurs ramènent à mon souvenir tous les personnages qui ont bercé mes jeunes années : Albator, Goldorak, Candy (surtout le beau Terry), Casimir, Scoubidou ou encore Barbapapa… J’en passe et des meilleurs… Je sors de ma lecture avec un sourire béat, des images et des sons pleins la tête. J’ai retrouvé mes couettes, mes nattes et tous les copains du quartier. Mon pantalon est troué. J’ai l’air un peu hagard et ébouriffée. Franchement ce truc n’a pas de prix pour prendre un bon coup de jeune ! Qui a parlé d’élixir de jouvence ? Pas besoin, C’était mieux avant fait l’affaire et c’est moins cher !

 

 

©Rue de Sèvres 2020, Soledad Bravi, Hervé Eparvier.

Chronique de Nathalie Bétrix.

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