Blue au pays des songes

Qui pourrait passer à côté de la bande dessinée Blue au pays des songes  de Davide Tosello, éditée par les éditions Vents d’ouest, sans s’arrêter pour la regarder ? Moi en tous les cas, je n’ai pas pu ! Je me suis plongée dans le regard bleu et profond de la jeune fille qui couvre plus de la moitié de la couverture. Comme un appel à l’aide, elle me fixe et me demande de la rejoindre. Je ne peux résister, je m’approche, ouvre le livre et comme dans un rêve me retrouve dans le monde de la très jolie Blue… Dans ma vie, il y a une autre histoire qui m’a fait le même effet, le roman de Michael Ende intitulé L’histoire sans fin . Première bande dessinée d’auteur, il a travaillé pendant longtemps dans le monde du jeu vidéo. Il a également illustré des jeux de société. Pour un premier essai en tant qu’auteur complet, je peux dire qu’il a fait fort. Judicieux aussi d’avoir utilisé du papier mat. Cela rehausse indéniablement la qualité de son dessin. Visuellement ce premier tome est d’une grande réussite graphique. Mais pas que !

Blue est une jeune fille rêveuse, craintive et obéissante. Elle vit avec sa maman dans une grande maison à l’orée d’une forêt. Un beau matin, sa maman est partie plus tôt au travail. Celle-ci lui a laissé tout ce qu’elle aime pour son petit déjeuner. La journée semble bien commencer. Tout à coup, autour de la maison, une nuée d’avions en papier  virevolte. Voilà que quelqu’un frappe à sa porte. Elle n’a pas le droit d’ouvrir, d’ailleurs elle en a pas vraiment envie. Par la fenêtre, la demoiselle voit un carton recouvert d’autocollants qui portent son prénom. La curiosité prend le dessus. Cachée sous une couverture, elle court chercher son paquet. La fillette y découvre une sorte de bocal en verre, à l’intérieur duquel se trouve une petite baleine blanche… C’est là que le cauchemar prend forme. La forêt s’anime, les branches d’arbres s’infiltrent dans toute la maison. Sa maman est là, comme fossilisée dans un grand chêne et lui dit de s’enfuir. D’horribles créatures, tels des morts-vivants, s’approchent d’elle, avec leurs yeux lumineux et vides… Là, faut que je reprenne mon souffle.

Je viens d’engloutir les vingt premières pages et je suis déjà complètement retournée.

Heureusement pour Blue, ça va se calmer pendant quelques pages. Mais pas longtemps. Juste le temps de tomber sur M.J qui la découvre en train de pleurer à chaudes larmes. Il est offusqué qu’elle laisse tomber ses larmes par terre. Elles sont si pures qu’elles peuvent valoir de l’or à « la cité » ! On peut les échanger et demander ce que l’on a envie. Lui aimerait gagner quelques centimètres pour devenir un grand joueur de basket. Ce qui suivra est un déchaînement d’événements. Il n’y a pas de temps mort, on passe d’un événement à un autre, juste le temps de reprendre l’air et déjà on est propulsé plus loin dans l’aventure. Cela ressemble à un jeu, un grand huit ou à grand jour de tempête. C’est magique, époustouflant et totalement addictif. J’en reprendrai bien encore un peu.

Si Davide ne sait pas vraiment d’où lui est venu l’inspiration pour écrire cette histoire, s’il pense que de nos jours tout a déjà était un peu vu, je lui réponds qu’il n’a pas à s’en faire. Son dessin est original, on sent bien qu’il vient de l’animation, autant par le style de son illustration, que par le dynamisme de sa mise en page. Il utile le numérique et cela n’enlève en rien au côté magique de sa composition. On passe du bleu au rouge, puis vient le vert, le blanc, le gris ou le noir. Une belle palette de couleurs qui nous accompagne de page en page. L’album se termine par un joli cahier graphique. Vous l’avez je pense compris, un premier tome haut en couleur qui laisse un agréable envie d’y revenir…

Chronique de Nathalie Bétrix.

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