Aldobrando

Pour ce début d’année 2020, les éditions Casterman nous invitent à découvrir non pas une, mais deux versions du titre  Aldobrando. Pour ceux qui s’attendent à retrouver le dessin aiguisé comme une lame et sobre de Gipi ne soyez pas déçu, un autre italien, Luigi Critone, a donné vie au scénario de ce grand auteur ! Critone est connu pour sa très belle et remarquée série  Je, François Villon  dont les trois couvertures m’ont fait rêver ! Nous voilà donc face à deux versions. Une en couleurs et l’autre en noir et blanc, tirage de luxe, dos toilé, accompagnée d’un cahier graphique. Mon cœur a totalement craqué pour la deuxième version ! Aldobrando, petit homme, par un jour de pluie, est amené par son père au sorcier du village qui a un passif auprès de lui. Son père,doit bientôt descendre dans la fosse pour se battre et il sait qui n’en sortira pas vivant ! La seule chose qu’il lui laisse, est un collier qui a appartenu à sa mère et il fait promettre au sorcier qu’il fera de lui un homme….

Ces quelques premières pages nous immergent dans une ambiance sombre et l’on sait de suite que ce qui va suivre ne va pas être des plus sympathiques pour le jeune Aldobrando.

Les années passent et le vieux sorcier s’efforce de tenir sa promesse. Le seul souci, le jeune homme n’est pas des plus entreprenant. Ce qui amène le vieil homme, un matin, à vouloir lui dévoiler un grand secret. Pour cela, il faudra au jeune adolescent donner le meilleur de lui même, être bien concentré et surtout ne pas se tromper. Les indications sont précises et il doit prendre seul certaines décisions… Cela va les mener à la catastrophe. Il se trompe dans la formule, le sorcier est blessé et il doit partir au dehors chercher « l’herbe au loup ». Le garçon qui n’est jamais sorti bien loin de leur chaumière, lui qui ne sait pas ce qu’est cette herbe, va se retrouver largué dans le froid de l’hiver. C’est peut-être bien là que commence vraiment son apprentissage…

Moi qui suis fan du moyen-âge me voilà servie ! Le scénario de Gipi est riche, lugubre et drôle à la fois. On ne s’y ennuie jamais. Pris dans un tourbillon d’événements, il ne nous reste plus qu’à nous laisser porter de page en page et à savourer tout ce qui si passe. Ovni dans son genre tant par la qualité de l’écriture que par le somptueux dessin. Si la version noir et blanc apporte plus de douceur à l’histoire, celle en couleur nous dévoile une ambiance plus sordide. Il est intéressant de parcourir, voir lire les deux versions. Pour ma part, on ne lit et ne voit pas la même chose dans les deux et cela est dû certainement à leur différence graphique ! La version couleur je l’ai trouvée plus rude, plus sale et glauque alors que j’ai trouvée la seconde en noir et blanc plus féerique, douce et poétique… En tous les cas, c’est une saga forte qui ne laisse pas indifférent dans ses deux interprétations. Elle nous parle d’un bel (?!) apprentissage de la vie et nous apprend que parfois, même si on est un peu simple, on est promis à vivre une sacrément grande aventure ! Moi je dis tout simplement BRAVO.

Chronique de Nathalie Bétrix

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