Didier, la cinquième roue du tracteur

Didier, la cinquième roue du tracteur est une comédie truculente et sensible, un petit trésor réjouissant qui active nos zygomatiques.

Pour leur première collaboration, Pascal Rabaté et François Ravard nous ont concocté un opus rafraîchissant et humain édité par Futuropolis. Les deux hommes qui ont grandi à la campagne sont parvenus à marier leurs univers avec intelligence. Ils ont fait connaissance à Rennes et après un coup de cœur sur un dessin, ils ont élaboré un début de scénario. Un essai graphique convaincant les a encouragé à réaliser ce beau projet.

Ils nous invitent à découvrir Didier, un agriculteur breton passionné par le tour de France. Il gère une exploitation avec sa sœur Soizic. A 45 ans,  il n’a jamais connu le grand amour. Après un excès de trop, son médecin l’invite à prendre sa vie en main. Épaulé par sa sœur et Régis, un ami qui subit de plein fouet la crise agricole, il décide de s’inscrire sur un site spécialisé.

Pascal Rabaté signe une histoire truffée d’humour, un récit captivant qui met en relief les problématiques actuelles du monde agricole, la solitude et les problèmes financiers. Il aborde subtilement les difficultés des gens pour entrer en contact. Les personnages sont pittoresques et touchants et les femmes déterminées. Les deux bédéistes ne sont jamais moqueurs, taquins un brin, ils défendent le terroir et notre patrimoine avec talent.

Côté dessin, François Ravard offre une prestation graphique magistrale, certaines planches sont dénuées de texte, les illustrations suffisent pour traduire le malaise, la surprise ou la routine. Elles sont somptueuses. L’artiste a privilégié les teintes chaudes, il en résulte un rendu doux, coloré et gai.

Didier, la cinquième roue du tracteur est un one shot optimiste, réussi et émouvant qui transpire l’amusement ressenti par les deux auteurs. Ils nous régalent tout en en profitant au passage pour esquisser une critique assumée des rencontres via internet dont on nous vante constamment l’efficience. Ils nous rappellent en même temps que les bonheurs sont parfois là ou on les attend le moins. Qu’on se le dise!

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