La fille de l’exposition universelle

Palpitante, inspirée et finement exécutée La fille de l’exposition universelle est une série prometteuse scénarisée par Jack Manini, illustrée par Etienne Willem et éditée par Grand Angle.

Elle nous propose de redécouvrir les expositions universelles qui eurent lieu en France et dans les colonies grâce à des récits d’aventures divertissants.

Le premier volet est consacré à celle de 1855 qui eut lieu en pleine révolution industrielle alors que Paris est en plein chantier conduit par le brillant Baron Haussmann. Ce fut un événement considérable, un immense succès car il a réuni près de 5 millions de visiteurs.

Jack Manini restitue parfaitement le cadre politique avec un Napoléon III enthousiaste, désireux de promouvoir la grandeur de la France et décidé à instaurer une égalité parfaite entre les Français et les indigènes des colonies d’où les tensions que cela suscite. Il reproduit l’ébullition industrielle de cette période sélectionnant les innovations les plus marquantes. Il a réalisé un important travail de documentation puisant principalement dans les numéros de l’Illustration.

L’histoire est une intrigue policière entraînante et rythmée qui s’achève sur un retournement de situation saisissant. Julie Petit-Clou est une jeune gitane cartomancienne que l’on suivra dans tous les tomes, elle constitue un fil conducteur sympathique car elle n’a pas seulement une personnalité attachante, elle est aussi pourvue d’un don de voyance providentiel.

La prestation graphique d’Etienne Willem est renversante. Il a mis à profit son expérience dans le cinéma d’animation et sa passion pour les costumes pour nous en mettre plein les yeux. Il nous embarque d’emblée avec une couverture à couper le souffle. Les personnages qu’il brosse sont somptueux, il les caractérise efficacement par leurs physiques, leurs silhouettes et c’est assez subtil et imaginatif.

Les dessins sont chargés et beaux et la composition des planches apporte un côté vintage appréciable. Le dessinateur a choisi de donner à certaines un aspect art nouveau intégrant des cases arrondies et des arabesques ce qui dynamise l’ensemble.

Il représente les foules avec talent avec de nombreux détails en arrière plan. Le soin apporté aux décors est significatif. Il parvient à nous transporter au second Empire au cœur d’une capitale parisienne en effervescence. Il a du faire le tri parmi les nombreuses gravures existantes pour représenter entre autre le Palais de l’Industrie créé pour l’occasion.

L’album offre une belle lisibilité. Sa colorisation est aussi une réussite. Réalisée par Tanja Wenish, elle apporte une certaine plus-value parvenant à orienter efficacement l’œil du lecteur sur l’élément essentiel de la case.

Le livre dessiné se clôture sur un cahier intéressant conçu par l’auteur qui avec une présentation singulière et de nombreuses reproductions de gravures permettent d’en savoir davantage sur quelques inventions qui ont révolutionné le quotidien des hommes.

Vivement juin 2019 pour voir si le second volet qui sera consacré à l’exposition de 1867 sera du même calibre car ce premier tome est une divine surprise.

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