Le Oki d’Odzala

Le Oki d’Odzala est un régal pour les sens, un album splendide édité par Grand Angle. Il nous aspire d’emblée avec sa couverture sublime et onirique.
Signé par A. Dan, il est dans la lignée de son somptueux reportage dessiné intitulé Des gorilles et des hommes paru chez la boite à bulles en 2015. L’auteur avait accompagné pendant deux mois des scientifiques bretons dans le parc national d’Odzala-Kokoua au Congo Brazzaville. Il s’est lancé avec eux sur la piste des primates. Dans le cadre de leur approche contemplative qui diffère largement de celle de la célèbre primatologue américaine Dian Fossey, il a approché les animaux sauvages effectuant ainsi de nombreux dessins naturalistes à quelques mètres seulement de ces modèles.
Avec sa formation en éthologie, il est parvenu à rassurer les spécialistes, à gagner leur confiance et à concevoir un sublime carnet de voyage.
Après une excursion réussie dans l’univers de Marcel Pagnol avec les illustrations remarquées de Merlusse et Jazz, il a pris la décision de revenir à cette expérience unique avec l’envie d’élaborer une Bande dessinée. Même s’il part une nouvelle fois d’une expédition d’observation visant à la protection des singes, il s’est un peu détaché du sujet imaginant une fiction inspirée qui traite de deux thématiques d’envergure : le braconnage et l’attachement aux légendes de la population africaine.
Il s’est lancé le défi de raconter ce qui ne peut l’être, s’inspirant de personnages bien réels pour nous alerter sur l’ampleur du trafic et les pressions exercées par les braconniers sur les gardiens des parcs nationaux et leurs familles. Il met efficacement en images le combat quotidien et les rapports de force musclés générés par un commerce international qui draine tant d’argent qu’il est aujourd’hui au quatrième rang des activités les plus lucratives du monde. Il a saupoudré l’ensemble de magie et de tradition  nous proposant son interprétation entre autre des récits de Goddé, l’aide de camp, un narrateur infatigable qui contait les esprits, les animaux et ce gorille blanc tout à la fois protecteur et juge des hommes. Il a pour cela recueilli divers éléments.
Transmises uniquement à l’oral, il ne reste aujourd’hui aucune trace écrite de ces croyances avec lesquelles l’artiste nous divertit et nous enchante. A. Dan dessine avec talent une nature exubérante, un milieu bruyant, chaud et humide. Il nous propose un périple dépaysant au cœur de l’Afrique centrale. Pour ce livre, il a employé l’aquarelle pour coloriser ses crayonnés. Pour utiliser ce matériel noble qu’il ne maîtrisait pas il y a encore quelques années, il a suivi des cours. Le résultat est splendide et détonant.
L’ouvrage qui a bénéficié du soutien de CNL s’achève sur un cahier graphique époustouflant qui contient des extraits de l’opus précédent, une invitation pertinente et magnifique.
Il impressionne par son traitement graphique singulier et le choix des couleurs utilisées.
Le dessinateur autodidacte qui confie avoir pris beaucoup de plaisir a décidé de renouveler l’aventure, il embarquera prochainement de la Rochelle à bord d’ un bateau unique l’ATKA, un voilier de 15 mètres en direction du Groenland. Il partira sur les traces de l’ours blanc. Vous pouvez suivre régulièrement les avancées de cet excitant projet qui vise à sensibiliser les hommes aux merveilles de l’Arctique sur les réseaux sociaux.

 

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