Undertaker T4: L’ombre d’Hippocrate

Undertaker est un western moderne, ultra-dynamique, inspiré et excitant édité par Dargaud. C’est une BD d’aventure convaincante scénarisée par Xavier Dorison, illustrée par Ralph Meyer et colorisée par Caroline Delabie. Cette série populaire d’envergure qui fait l’unanimité est réalisée par deux hommes qui ont été bercés par la dernière séance du grand Eddy Mitchell et ça se ressent.
Le quatrième volet intitulé L’ombre d’Hippocrate clôture un second diptyque génial qui comme le premier est emballant, rythmé et percutant.
Dans cet épisode Rose est grièvement blessée. Elle a accepté de suivre L’Ogre de Sutter Camp, alias Jeronimus Quint, dans l’espoir qu’il la soigne. À leurs trousses, Jonas Crow et Lin sont bien décidés à sauver leur amie et à régler une fois pour toutes son compte au monstrueux chirurgien. Mais comment arrêter un homme dont le génie maléfique lui permet de transformer chaque patient innocent en un complice mortel contre l’Undertaker ?
Même si la série s’inscrit dans la pure tradition franco-belge du western, elle possède incontestablement des spécificités inventives et séduisantes.
Le héros est un croque mort, un personnage iconique à l’identité graphique forte ce qui induit un regard décalé et neuf. La mise en scène très contemporaine offre un rendu énergique sublimé par une mise en couleurs numérique efficace.
Xavier Dorison a réussi à satisfaire les envies de son dessinateur. Ensemble, ils sont parvenus à créer Jonas Crow, un croque mort consistant, judicieusement construit aux antipodes de celui que l’on croise dans Lucky Luke. Ils donnent vie à un bonhomme empathique, misanthrope et courageux qui défend de vrais valeurs.
Distillée avec intelligence, l’intrigue nous aspire littéralement. On assiste à une histoire humaine où s’opposent des caractères bien trempés. Le scénariste s’offre le luxe de glisser quelques réflexions pertinentes sur la médecine et son usage. Il signe un récit fluide et intense.
La prestation graphique de Ralph Meyer est un régal. Même si son dessin est complètement au service de la narration, l’artiste qui travaille à l’ancienne avec de l’encre de Chine appliquée au pinceau parvient à nous surprendre. Le résultat est magnifique. Il utilise une large palette d’outils, met en images des scènes d’action spectaculaires et des paysages sauvages incroyables.
Les couleurs sont subtiles, elles varient sans cesse en fonction de la tension dramatique tout en habillant parfaitement les émotions.
Les albums nous rappellent les vieux westerns vus au cinéma avec des couleurs saturées. Ils sont d’un exotisme incroyable.
Avec Undertaker, ses auteurs apportent la preuve qu’il est possible de passer après Jijé, Jean Giraud, François Boucq, Hermann et Christian Rossi. Ils s’en sortent brillamment avec cette série envoûtante et superbe à laquelle on peut d’ores et déjà prédire sans trop s’avancer une belle longévité.

 

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