Bouncer T10 L’or maudit

Avec son format généreux, la publication rapide des deux albums qui composent le diptyque, son intrigue complexe et réussie et l’insolent talent de son créateur, l’or maudit le dixième volet de la série Bouncer éditée par Glénat est hors normes.

Le subversif et singulier François Boucq est cette fois seul aux manettes, son complice Alejandro Jodorowsky étant accaparé par ses projets cinématographiques. Il continue à développer son consistant personnage dans une aventure noire et trépidante qui devrait être composée de près de 160 planches.

Elle s’ouvre sur un discours inspiré sur les apparences qui passe intelligemment d’un propos théorique à une réalité avec deux petites filles qui se griment innocemment. L’image est subtile, délicate.

Pour des raisons mystérieuses, l’une des fillettes est cruellement exécutée. On assiste alors à une course contre la montre pour sauver Panchita. Elle est menacée car elle porte sur la tête une troublante carte au trésor. Alors que certains convoitent la fortune cachée et sont prêts à tout pour mettre la main sur le butin, d’autres cherchent à secourir l’enfant tatouée. Bouncer, le héros manchot doté d’un solide code moral fait partie de ceux là. Farouchement accroché à la vie, il va prendre tous les risques pour arriver à ses fins.

L’histoire se met en place lentement, elle nous tient efficacement en haleine. Elle se démarque d’un western pragmatique au fonctionnement manichéen. L’action est dirigée dans un cadre à la fois psychologique et mythique. On est ici dans le domaine de l’épique et c’est particulièrement vivifiant.

François Boucq nous communique son amour du dessin, il magnifie la narration avec des images sublimes et des séquences fortes. Le dessinateur qui maîtrise l’art des caricatures donne naissance à des personnages aux physiques extravagants qui évoluent avec une  dextérité déconcertante. Les angles de vue sont variés et les paysages sublimes. La prestation graphique est remarquable, le trait est fin et précis et le rendu somptueux.

Pour que le lecteur conserve la fraicheur et ressente pleinement le rythme intense du récit, son auteur a exigé que la seconde partie paraisse rapidement. Elle est prévue pour  ce mois de mars. Il ne nous reste donc que peu de temps à attendre pour savoir comment le Bouncer se sortira de son inévitable confrontation avec le terrifiant El Cuchillo. Pourvu que les autres maisons d’édition s’emparent de cette excellente idée que devraient apprécier les nombreux amateurs de Bande Dessinée.

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