à coucher dehors T2/2

3,2,1 mise à feu !

La seconde partie du diptyque intitulé A coucher dehors est enfin sur orbite et elle est éditée par Grand Angle.

Le scénariste Aurélien Ducoudray et la dessinatrice Anlor nous livrent un album qui tient toutes ses promesses. Ensemble, ils parviennent à nous surprendre, nous bousculer et nous en mettre plein les yeux.

Amédée, Prie-Dieu et la Merguez sont trois anciens SDF récemment installés dans la maison que tante Adélaïde vient de leur laisser. Ils ont en contrepartie la responsabilité de son fils Nicolas: un jeune garçon trisomique qui rêve de devenir cosmonaute. Malgré des débuts un peu compliqués, les quatre larons vont se découvrir et se préparer à faire un bout de chemin. Mais un jour, sans prévenir, Nicolas disparaît. Accompagné de Madame Louison, l’infirmière à domicile de sa défunte tante, Amédée part à sa recherche dans l’Astro Parc. La course démarre car le temps est compté, les huissiers et les gendarmes guettent la moindre erreur pour reprendre la maison et mettre fin à la tutelle.

Aurélien Ducoudray poursuit sa comédie atypique, il parvient à nous faire sourire avec des thèmes délicats et il le fait avec intelligence. Il met en scène des gens qui même s’ils sont tous passés à côté de leurs vies rêvées font de leur mieux pour s’en sortir quitte à travestir un peu la vérité. Pour les uns, les préoccupations restent assez basiques, il s’agit simplement d’avoir un toit sur la tête: une réalité qui demeure celle de 143000 personnes en France.

Sans angélisme, l’auteur rappelle la cruauté du monde de la rue et décrit un quotidien ou le système D et la débrouille sont légion.

Sa vision réaliste est percutante et impitoyable. Il nous entraîne dans une histoire qui est à l’image de la vie pleine de surprises.

La lecture de ce second volume est plaisante, les dialogues sont truculents et les personnages attachants et denses. L’intrigue est assez déstabilisante mais nous captive du début à la fin grâce à son rythme effréné, de nombreux grains de malice et un dessin époustouflant.

Le talent d’Anlor semble avoir franchi un nouveau cap depuis l’incontournable Amère Russie. La retrouver sur ce projet est un réel plaisir.

Elle apporte de nombreux clins d’œil et complète judicieusement la narration avec des planches colorées, riches, ultra-travaillées, détaillées et soignées.

La prestation graphique est à l’image de la couverture bouleversante.

A coucher dehors est un récit humaniste, touchant et splendide. Il constitue la très bonne surprise de cette rentrée.

Pourvu que le tandem gagnant se reconstitue pour nous faire vivre d’autres aventures. Ne dit-on pas « Jamais 2 sans 3 » ?

En attendant, je vous invite à découvrir cette petite pépite indispensable, tout simplement !.

A bientôt dans l’auto.

 

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