Le pépère

Après l’excellent No direction édité par Sarbacane, retour pour Emmanuel Moynot au polar bien noir avec  Le pépère sa dernière création pour Glénat.

C’est un ouvrage qui s’ouvre sur une galerie suffocante et un préambule de Pascal Rabaté qui interpelle le lecteur avec efficacité.

L’artiste nous transporte à Bordeaux avec des tranches de vie glaciales et une touche vintage savoureuse.

Dans ce thriller l’artiste nous dresse par le biais de divers épisodes le portrait d’un personnage qui se révèle sombre et inquiétant, un loser à la vie pathétique. Il bénéficie d’une maison de famille confortable, travaille à La poste et paraît plutôt à l’aise financièrement.

On découvre ensuite Vanessa et Sacha, deux marginaux qui se sont bien trouvés. Ces deux paumés évoluent dans un monde glauque où la violence, les combines et la prostitution sont légion. Ils multiplient les escroqueries à la vitesse de la lumière et ils croient avoir trouvé avec ce pépère une victime idéale.

La narration est parfaitement maîtrisée. Rapidement les événements s’imbriquent pour construire une intrigue délicieuse, parfois trash qui nous accroche inéluctablement.

Emmanuel Moynot compose malicieusement un conte macabre au final exceptionnel. Suspense et tension sont parfaitement dosés. La surprise est au rendez-vous.

Le dessin semi réaliste est old school, on se croirait dans un vieux film. Les acteurs ont tous des tronches singulières, chacun porte les stigmates d’une vie cabossée. On est à contre courant dans un monde déserté par l’espoir et les belles choses.

L’atmosphère lugubre et peu lumineuse accompagne à merveille une chronique cruelle et dérangeante.

Si vous aimez Maxime Chattam, Franck Thilliez ou Camilla Läckberg, précipitez vous sur cette BD. Réalisée par une pointure dans son domaine, elle vous permettra de passer un excellent moment.

Bonne lecture. À bientôt.

Chronique de Stéphane Berducat


© Glénat, 2026.

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