HYSTERIA

Ne vous y trompez pas, malgré les apparences, vous n’évoluerez pas à l’époque du Moyen Age en lisant Hysteria de la Nantaise Elizabeth Holleville parue aux éditions Glénat, mais bien dans notre ère. Si vous n’êtes pas une femme dont le prénom commence par « G », vous n’aurez que peu de chances, voire aucune, de faire partie de la famille de Garance Deschamps.

Enfermés dans une salle obscure, nous visionnons The Baby réalisé par Caroline Martin et Garance Deschamps. Celles-ci nous présentent un récit futuriste et horrifique où la société propose la location de robots-bébés afin de faire croire à notre entourage que nous avons enfanté. Les deux amies stressent un peu. Comment le public va-t-il accueillir leur fiction ? A la fin de la projection, les avis sont partagés. Si auprès de personnalités du milieu elles font plutôt bonne impression, Joaquim, le compagnon de Garance, utilise des mots cassants. Ce n’est pas la première fois. Déstabilisée, elle décide de le quitter. Son amie et coloc Enzo la récupère après la rupture. Entre son travail de surveillante dans un musée et un nouveau projet de film, elle n’a pas le temps de s’ennuyer. La jeune femme perd peu à peu pied. Pour pallier l’inquiétude pécuniaire, elle décide de reprendre contact avec ses grands-parents maternels, afin de leur demander s’ils pourraient la loger. Elle a coupé les ponts avec sa famille suite au décès tragique de sa maman. Se retrouver dans l’immense propriété et devoir renouer avec la communauté féminine Deschamps, ne va pas être des plus agréable. Il est temps pour elle de faire face à l’étrangeté et aux exigences des descendantes de son arbre généalogique…

Elizabeth Holleville, qui porte le prénom d’une reine, a étudié à Paris, puis à l’EESI d’Angoulême. Ses premiers pas dans le milieu de la publication, elle les fait dans des fanzines et la revue Biscoto. Si au départ, tout comme Garance, elle est obligée de faire plusieurs jobs pour boucler ses fins de mois, elle ne lâche rien. En 2018 paraît chez Glénat sa première bande dessinée pour adulte, L’été fantôme. On y détecte déjà cette « passion » qu’Elizabeth porte au surnaturel. Quatre ans plus tard arrive Immonde, pour laquelle elle reçoit en 2023, le Prix Tournesol de la BD écologiste. L’employé du Moi lui permet d’éditer Contes de la mansarde, trois récits qui se déroulent dans le même appartement. A la suite d’un pépin survenu cette année, j’ai lu avec intérêt et plaisir Les dépressifs anonymes : vaincre la dépression aux Arènes. Si cette lecture m’a beaucoup apporté, j’ai mis un certain temps à comprendre qui en était l’illustratrice. Pourtant, ces teintes m’étaient familières. L’artiste aime jouer avec une palette de couleurs froides, ce qui cadre parfaitement aux ambiances que dégagent ses histoires. Hysteria est sans discuter un gros coup de cœur de cette rentrée. Si vous aimez les intrigues mystiques et effrayantes, ne passez pas à côté de cette épopée fantasmagorique qui vous fera découvrir les pires cauchemars de notre héroïne.

Chronique de Nathalie Bétrix


©Glénat, 2026.

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