CYBORGS

Je dois bien reconnaître qu’en temps habituels, je suis plus attirée par les grimoires magiques, les combats médiévaux saupoudrés de dragons avec un ou deux elfes dans les parages… Alors quand je me suis vu attirée par la couverture futuriste de Cyborgs, je ne me suis pas reconnue ! Davantage Seigneurs des anneaux que Star Wars, sortir de ma zone de confort je devais !

J’ai donc attaqué cette dystopie post-apocalyptique avec entrain. Il s’agit du premier tome, intitulé Ronin, d’une série-concept prévue en 5 tomes (quatre tomes, chacun dédié à une femme, membre d’une équipe hors-norme, et un cinquième pour boucler le récit) que l’on doit au prolifique Jean-Luc Istin pour l’idée originale et Benoit Dellac pour le story-board. Editée chez Soleil, collection Anticipation, cette nouvelle série a bénéficié d’une première parution en noir et blanc il y a quelques mois.

Le monde où se situe l’action en deux mots : après une irradiation massive de la planète ayant conduit les restes de l’humanité à se terrer plusieurs générations dans des silos antiatomiques, la vie a repris sur une terre glaciale. L’humain a conçu des métacités, dont Europa, où vivre dans une atmosphère constante ; seulement ces gigantesques mégalopoles sont gangrénées par des guerres intestines, la présence de zones de non-droit tenues par des gangs, des politiciens aussi véreux que tyranniques… C’est dans cet univers violent que Yuko Matsumoto a vu le jour… et que ses parents ont souhaité se débarrasser d’elle parce qu’elle est née sans bras ! Ambiance… Recueillie par son oncle, sensei maitrisant différents arts martiaux et entrainant la milice personnelle du dirigeant d’Europa, elle grandit, munie de prothèses peu efficaces (les meilleures coûtant une fortune), en développant ses capacités d’adaptation et de combat.

Le récit chavire lorsqu’une loi visant à l’euthanasie pure et simple des personnes handicapées est adoptée par l’enflure qui dirige la ville et que l’oncle de Yuko prend la décision de quitter ses fonctions et de fuir avec sa nièce ; débute alors une traque à la John Wick dans le dédale des quartiers mal famés d’Europa. Objectif : se rendre chez Russel… Forcément je ne vais pas vous dévoiler l’intrigue, ni vous dire qui est Russel ni si Yuko et son oncle le trouvent…

Sous le crayon habile de Kael Ngu, c’est tout un univers urbain de blocs, de turbines de ventilation géantes, d’escaliers miteux le long de tours d’immeubles ternes, de ruelles sombres entremêlées de fils électriques et de néons publicitaires blafards qui s’anime. Le trait est réaliste, les visages masculins taillés à la serpe, les éléments robotiques très détaillés, les regards éloquents, les combats explosifs. La mise en couleurs est signée avec brio par Florent Daniel. Son travail donne une épaisseur déterminante en jouant sur les contrastes entre le gris maussade des bâtiments et les couleurs vives et vides des enseignes ; tout semble se vivre sous un ciel de plomb.

Un premier tome qui pose le décor futuriste flippant des métacités et quelques personnages principaux ainsi que les premiers jalons d’une intrigue que l’on devine beaucoup plus complexe qu’il n’y parait ! Forcément, j’ai hâte du prochain tome !

Chronique de Louna Angèle


© Éditions Soleil, 2025.

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